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Un traitement prometteur au CHU Sainte-Justine pour les enfants allergiques

Québec accorde près de 800 000 $ sur trois ans au CHU Sainte-Justine pour réaliser un projet-pilote de clinique d'immunothérapie orale (ITO) au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine, une première dans la province.

L'ITO est un nouveau traitement qui consiste à désensibiliser les personnes souffrant d'allergies alimentaires par l'ingestion quotidienne de l'aliment allergénique, d'abord par des doses minimes, en deçà du seuil de réactivité du patient.

L'aliment est ensuite introduit dans l'alimentation de manière progressive, jusqu'à l'atteinte d'une portion normale.

L'ITO procure aussi une protection en cas de contacts accidentels avec l'aliment.

Au Québec, on dénombre 60 000 enfants souffrant d'allergies alimentaires, soit trois fois plus qu'il y a dix ans.

Après quatre ou cinq ans de traitement à l'ITO, on évalue que la moitié des patients obtiennent un niveau de tolérance soutenu à l'aliment allergénique. Le taux de succès est même plus élevé pour les bébés de moins de deux ans, dans les cas d'allergies aux arachides.

Le taux de succès atteint 80 % en ce qui a trait à la protection en cas d'ingestion et à la réintégration de l'aliment dans la diète normale du patient.

Pour élargir l'accès à ces soins et ces services, le traitement d'immunothérapie orale sera par la suite offert ailleurs dans le réseau de la santé du Québec, en vertu d'une stratégie développée par le CHU Sainte-Justine.

Un traitement qui va plus loin que la prévention

« C'est une très belle nouvelle », affirme Dominique Seigneur, directrice des communications d'Allergies Québec, un centre de référence qui regroupe des spécialistes, des institutions comme des écoles et des hôpitaux de même que des entreprises du secteur de l’alimentation.

« En allergies alimentaires on est toujours en prévention, on essaie que l'accident n'arrive pas au contact d'un aliment, tandis que là, on est en ''solution'' », explique Mme Seigneur.

Après la carie dentaire, les allergies alimentaires sont le problème de santé le plus fréquent chez les enfants de la province. Elles se définissent par une réaction excessive à une protéine contenue dans un aliment donné. Dans les cas les plus graves se produit une réaction anaphylactique, qui peut conduire au décès en quelques minutes en l'absence du traitement adéquat.

Une sorte de poudre...

L'immunothérapie orale s'effectue à l'aide d'une sorte de poudre mélangée à de la compote de pommes, par exemple, de dire en substance Mme Seigneur.

Le niveau de tolérance de l'enfant est testé aux deux semaines, en milieu hospitalier. Le parent donne en parallèle à son enfant des doses précalculées de l'aliment allergénique et, peu à peu, le système immunitaire du patient ne reconnaîtra plus cette protéine comme étant nocive.

Une préoccupation à vie

Demeure-t-on allergique toute sa vie, même lorsqu'on a bénéficié avec succès du traitement par ITO? « C'est une bonne question », affirme Dominique Seigneur. Car, pour le reste de ses jours, le patient devra ingérer la « dose de maintien » de l'aliment, douze arachides par exemple.

L'Hôpital de Montréal pour enfants fait de l'immunothérapie orale, mais uniquement dans un contexte de recherche, précise la porte-parole d'Allergies Québec. Aussi l'avènement d'une telle clinique au CHU Sainte-Justine est-elle une avancée considérable pour les parents d'enfants allergiques.

Plus d’un quart de million de Québécois souffrent d’allergies alimentaires. La province ne compte que 70 allergologues, d'où l'importance d'élargir l'offre de soins par des initiatives telles que celle du CHU Sainte-Justine, résume Dominique Seigneur.

Avec les informations de Fanny Samson

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