Des personnes handicapées protestent contre un règlement du transport adapté qui les empêche de voyager avec leurs enfants de plus de 14 ans.

Un texte de Claire FrémontCourriel de La facture

Imaginez un règlement qui empêche une famille de prendre ensemble les transports en commun. La mère doit se rendre de son côté avec ses deux filles de 15 et 12 ans, et le père de son bord. Et quand la plus jeune aura 14 ans, la mère ne pourra se déplacer qu'avec une de ses adolescentes, tandis que le père et l'autre fille circuleront ensemble. Absurde et impossible pensez-vous?

Pourtant, ici même au Québec, plusieurs familles ne peuvent plus faire de sorties familiales à leur guise. La famille Benaïcha vit cette situation. Nabila Nouara, la mère, est en fauteuil roulant et se déplace avec les services du transport adapté.

Un des nombreux règlements du transport adapté décrète que la personne handicapée a le droit de voyager avec un seul accompagnateur et tous ses enfants, s'ils ont moins de 14 ans. Après cet âge, ils sont considérés comme des accompagnateurs. Mme Nouara doit donc faire un choix entre sa fille aînée et son mari.

Le transport adapté a été mis en place pour favoriser l'intégration sociale des personnes handicapées et leur donner un degré de mobilité comparable à celui de la population en général. Chaque personne paie sa place, comme dans les transports en commun.

Les irritants sont si nombreux dans le transport adapté que Linda Gauthier, présidente du RAPLIQ, a intenté une demande de recours collectif contre la STM. Elle rappelle que le transport en commun n'est pas accessible à la majorité des personnes handicapées.

Nabila Nouara, elle, a envoyé en décembre une pétition au ministre des Transports pour dénoncer ce règlement qui la brime. Elle n'a jamais eu de réponse.

À La facture, le ministère des Transports a répondu qu'il compte réviser la politique du transport adapté, qui n'a pas été revue depuis longtemps, et que la notion de l'accompagnement fera partie de la réflexion.

De son côté, l'avocat Aymar Missakila explique que la famille pourrait éventuellement avoir des recours en vertu de la charte des droits et libertés.

Mais en attendant, les Benaïcha redoutent le moment où leur cadette aura 14 ans.

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