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Un vignoble sur le toit du Palais des congrès de Montréal

Qui n'a pas rêvé un jour d'avoir son propre vignoble? Pour Véronique Lemieux, ce rêve est devenu réalité... sur le toit du Palais des congrès de Montréal!

Un texte de Frédéric Arnould

Pour s'occuper de son vignoble, elle doit se rendre au centre-ville de Montréal et monter bien des étages, en escalier et par ascenseur afin de trouver ses vignes sur l'un des toits verts de la métropole.

Il s'agit du premier vignoble urbain nordique, sur le toit du palais des congrès de Montréal. « Je vis en ville, j'aime ma vie en ville et ma vie est ici. J'ai visité Rooftop Reds à New York qui est un vignoble sur toit, un vignoble, urbain et c'est là que le déclic est arrivé », explique Véronique Lemieux.

La viticultrice urbaine s'occupe donc de 25 mètres de vigne cultivés dans des pots géotextiles. Un projet de recherche un peu fou, mais qu'elle estime viable.

« C'est de la vigne rustique (Frontenac, Marquette et Petite perle), donc c'est sûr qu'il y a une moins grande sensibilité aux maladies. Cette année, pour la traiter et en prendre soin, on a été capables de s'en tenir à des décoctions d'ail uniquement comme antifongique et pour stimuler le métabolisme de la plante, donc ça, c'est exceptionnel. »

Rien ne se perd

Cette idée originale est aussi l'occasion de faire la promotion de l'économie circulaire. « Les gens boivent du vin, dit Véronique Lemieux, ils mettent leur bouteille de vin dans le bac à recyclage, un centre de tri récupère ces bouteilles, il les broie ou les réduit en sable. On récupère ce verre qui, en fait, est comme du sable, on l'intègre à un terreau et on fait pousser des vignes dedans. »

Le projet se veut le plus écologique possible en utilisant seulement la pluie, pas d'irrigation.

Mais que vont devenir ces vignes pendant le rude hiver? « On va les mettre dans des endroits stratégiques sur le toit, puisque ces vignes vont devoir être couvertes. »

Un projet collectif?

Pour déguster le futur « Château Montréal », il faudra s'armer d'un tire-bouchon, mais surtout de patience.

« Dans cinq ans, je suis persuadée qu'il y a moyen de faire quelque chose, les cépages ont été choisis pour leurs nombreuses possibilités d'assemblage », dit la viticultrice urbaine.

Ce vignoble pourrait bien susciter des vocations chez ceux qui ont de l'espace dans leur jardin pour y planter des vignes.

L'auteure et sommelière Michelle Bouffard, qui organise le 31 octobre à Montréal un séminaire sur la vigne et les changements climatiques, estime que l'initiative est intéressante à plus d'un titre. « C'est d'observer la croissance de la vigne et son cycle, et de voir ça tous les jours, de voir les fleurs arriver, les raisins arriver et toutes les contraintes climatiques. Je pense que, justement, quand on est en lien avec ce genre de difficulté, on n'a peut-être un plus grand respect pour ce qu'on retrouve dans le verre parce qu'on se rend compte à quel point tout ça n'est pas simple. »

Ainsi, si cinq édifices montréalais pratiquaient ce type de viticulture sur leur toit vert, on pourrait assembler la production totale de raisins et peut-être avoir 500 bouteilles au total, une production somme toute restreinte. Rendez-vous d'ici quatre à cinq ans pour la dégustation.

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