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Un village iroquoien du 15e siècle tout près de chez vous

Avez-vous déjà visité les fameuses maisons longues du site Droulers, en Montérégie? L'endroit grouille d'activités ces jours-ci, car on y mène aussi des fouilles archéologiques. Visite des lieux.

Un photoreportage de Bruno Coulombe à Désautels le dimanche

Ces fouilles archéologiques, menées par une quinzaine d'étudiants de l'Université de Montréal, se déroulent depuis le début du mois d'août dans la région de Saint-Anicet, au sud-ouest de Montréal.

Le site Droulers-Tsiionhiakwatha témoigne de la présence vers la fin du 15e siècle de plusieurs centaines d'Iroquoiens. Ouvert au public, le site expose aussi des reconstitutions de maisons longues, l'habitation typique des Iroquoiens du Saint-Laurent. Un travail minutieux, qui a d'ailleurs été salué par le National Geographic.

Le site est dirigé en étroite collaboration avec les Mohawks d'Akwesasne, qui appartiennent à la famille iroquoienne. Le conseil d'administration est composé à 50 % d'Autochtones, et plusieurs Mohawks assurent l'animation du site.

Les étudiants de l'Université de Montréal tentent de déterrer des vestiges vieux de 500 ans témoignant de la présence iroquoienne. Un travail minutieux et méthodique qui allie patience, stratégie, et aussi un peu de chance!

L'étudiante Yasmine Flynn exhibe fièrement un fragment de pipe amérindienne qu'elle a trouvé. Depuis 2010, quelque 500 000 artéfacts ont été découverts sur le site Droulers-Tssiionhiakwatha, dont des tessons de poterie, des pointes de flèche taillées dans la pierre et des outils fabriqués à partir d'ossements d'animaux.

Un autre étudiant, Vladimir Molina, examine une des pièces qu'il a trouvées pour tenter d'en déterminer la nature. « C'est un site très riche en culture matérielle, en artéfacts, qu'on peut déterrer, dégager, mettre à la lumière, pour savoir ce qui est arrivé avec les Iroquoiens du Saint-Laurent. »

Le professeur du Département d'anthropologie de l'Université de Montréal, Claude Chapdelaine (à gauche), et son assistant, l'archéologue Pierre Corbeil, procèdent à des travaux d'arpentage sur le site. L'arpentage est une dimension importante du travail de fouille archéologique.

L'archéologue Pierre Corbeil montre un poinçon fabriqué à partir d'ossements d'animaux. « En plus, il est décoré. Ils sont assez rares les outils en os qui sont décorés parce qu'en général, ils sont plutôt d'ordre fonctionnel. »

La palissade de bois qui entoure le centre d'interprétation et les reproductions de maisons longues. Jusqu'à présent, les fouilles sur le site Droulers n'ont toutefois pas permis de démontrer avec certitude que le village iroquoien était effectivement entouré d'une telle palissade.

Le directeur du site, Pascal Perron, devant une des reproductions grandeur nature de maisons longues.

L'intérieur d'une maison longue iroquoienne reconstituée, avec les couchettes disposées à gauche et à droite. Chaque couchette logeait une famille. Au centre, des pots permettant d'allumer des feux pour faire cuire la nourriture et chauffer l'intérieur de la maison par temps froid.

L'entrée du centre d'interprétation, elle aussi inspirée de la façade d'une maison longue. Depuis son ouverture au public en 2001, le site Droulers a accueilli près de 150 000 visiteurs, avec un achalandage moyen de 13 000 à 16 000 visiteurs par année.

L'extérieur d'une maison longue typique de la société iroquoienne, construite de perches de bois et recouverte de morceaux d'écorce. Selon la tradition orale et les témoignages recueillis, la maison longue abritait les membres d'un même clan, soit en moyenne 50 personnes.

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