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Une affaire de cœur pour l'Impact à Washington

Patrice Bernier parle avec ses tripes. Si l'Impact élimine le D.C. United jeudi, en sol ennemi à Washington, il gagnera ce match de barrage grâce à sa rage de vaincre.

Un texte de Jean-François Poirier

« On peut bien parler de tactique, insiste le capitaine de l'Impact. Mais aujourd'hui, c'est le cœur. Il faut se servir de nos émotions comme un stimulateur. »

Le milieu de terrain québécois n'a pas besoin d'avoir la mémoire longue pour appuyer ses dires. Il y a un an, contre le Toronto FC au stade Saputo, il marquait lui-même le premier but du tout premier match éliminatoire à Montréal de l'histoire de l'équipe. Patrice Bernier, tapant de la main sur son cœur avec vigueur, donnait au onze montréalais l'élan dont il avait besoin pour gagner ce match 3-0 devant un public en délire.

« Il faut créer de nouvelles émotions, dit-il. Je suis dans le présent et l'intensité monte d'heure en heure. Pour vivre demain, il faut tout donner aujourd'hui. »

En bon capitaine, Patrice Bernier a été le seul joueur à prendre la parole à quelques heures de ce match qui pourrait être son dernier avec l'Impact. Le vétéran n'a pas de contrat en vue de la saison prochaine et ne comptez pas sur lui pour aborder le sujet. Tout ce qu'il désire, c'est de de jouer un autre match dimanche à Montréal contre les Red Bulls de New York en demi-finales de l'Association de l'est.

Si l'Impact connaît le nom de son prochain adversaire en cas de victoire jeudi, c'est parce que le Toronto FC, en gagnant contre Philadelphie à la maison mercedi, s'est assuré d'affronter l'équipe de 2e rang au classement, le New York City FC. Les équipes à l'étranger, comme l'Impact contre le D.C. United, remportent d'ailleurs rarement leur match de barrage en MLS.

« Je ne me préoccupe pas de la tendance, affirme Bernier de manière sèche. Notre tendance, c'est de jouer, et on a tendance à créer des surprises. »

Patrice Bernier est évidemment conscient que l'allure du match pourrait être dictée par le D.C. United, qui voudra mettre beaucoup de pression dès les premières minutes.

« On l'a vu hier lors des deux autres matchs de barrage, précise-t-il. C'est un jeu d'échecs. Il ne faut pas laisser beaucoup d'espace et ne rien donner dans l'espoir de créer une flamme, d'adoucir le jeu et ensuite de nous-mêmes faire des flammèches. »

Les joueurs de l'Impact ont marché calmement ensemble dans les rues de Washington en fin d'avant-midi. Dans quelques heures, ils seront beaucoup plus énervés devant une foule hostile, mais ils devront sortir de cette tempête la tête en paix. On s'attend à ce que le temps soit d'ailleurs plutôt orageux à Washington jeudi soir.

« La météo, c'est pareil pour les deux équipes, avoue Patrice Bernier sans accorder d'importance aux conditons de jeu. Ne vous attendez pas à un match esthétique à la FC Barcelone. Il faut prendre tous les moyens pour gagner et surtout ne pas se mettre les arbitres à dos en gérant mal nos émotions. »

Le D.C. United et l'Impact ont fait match nul deux fois 1-1 cette saison. À chaque occasion, les joueurs de Mauro Biello ont inscrit le but égalisateur après la 75e minute.

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