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Une appli montréalaise pour réduire les coûts dans la construction

L'entreprise montréalaise Pharonyx a annoncé lundi le lancement de sa première application, K-Ops, qui s'attaque aux dépassements de coûts, aux retards et au manque de transparence dans l'industrie de la construction. Visite du chantier avec Hugo Brizard, cofondateur et président de Pharonyx.

Un texte de Karl-Philip Vallée

La suite logicielle K-Ops, que Hugo Brizard et son partenaire Samuel Godbout sont en train de concevoir, vise à rattraper un retard technologique important dans l’industrie de la construction qui affecte selon eux la productivité de ce secteur économique.

Le système s’appuie sur une application mobile destinée aux travailleurs de chantier et sur une version web qui sert aux gestionnaires de chantiers. Grâce à cette application, les ouvriers peuvent signaler tout problème ou toute question en temps réel dans le logiciel.

Un travailleur a terminé ses tâches et veut qu’on lui en assigne d’autres? Son superviseur peut en être informé et réagir instantanément. Un appareil ne fonctionne pas sur le chantier? Le gestionnaire peut en être notifié et réorganiser le travail en conséquence.

Grâce au tableau de bord configurable de K-Ops, les responsables du chantier peuvent effectuer un suivi du chantier plus serré et assigner des tâches aux bonnes personnes au bon moment. Chaque requête peut être accompagnée d’une photo prise à l’aide du téléphone intelligent d’un travailleur et des documents peuvent également y être joints.

« En ce moment, il y a des chargés de projets et des inspecteurs qui vont sur les chantiers avec leur appareil photo, leur calepin, leur plan, explique Hugo Brizard. Ils doivent ensuite transférer les photos sur leur ordinateur, retranscrire leurs notes à la main, envoyer les informations aux sous-traitants. Cela peut prendre une heure par jour par personne. »

Des statistiques qui parlent d'elles-mêmes

Pharonyx croit pouvoir sauver cette précieuse heure de travail aux responsables des chantiers pour qu’ils puissent se consacrer à d’autres tâches.

À en croire les statistiques de rapports sur la productivité, l’industrie de la construction aurait bien besoin d’un coup de main.

Le groupe d’analyse de marché Market Reports Store prévoyait en 2015 que ce secteur économique allait valoir 10 000 milliards de dollars en 2020. Or, la productivité aurait stagné et même diminué depuis 1989 dans de nombreux pays développés, selon le McKinsey Global Institute. Au Québec, seulement 0,49 % de la croissance de la productivité serait attribuable à l’industrie de la construction, d’après HEC Montréal.

Le logiciel K-Ops, qui en est à sa phase 1, peut déjà s’attaquer aux problèmes de communication sur les chantiers. Pharonyx compte lancer d’ici la fin de 2018 un système de suivi plus serré des chantiers, qui permettra de voir l’état d’avancement des travaux par zone ou par corps de métier.

Cette deuxième phase permettra à l’entreprise d’élaborer la troisième et dernière partie de son logiciel, qui servira à remettre la documentation électronique concernant un bâtiment aux entrepreneurs et aux clients à la fin de la construction. Actuellement, ces documents sont très souvent remis en version papier sous forme de cartables.

Plus de transparence sur les chantiers publics

L’étape de remise des documents électroniques est essentielle aux yeux d’Hugo Brizard, qui estime qu’elle pourrait améliorer la transparence sur les chantiers publics et diminuer le nombre de litiges en fin de projet, grâce à la traçabilité que procure K-Ops.

En effet, grâce au système de requêtes de l’application, il est possible de noter tous les détails au sujet de l’exécution d’une tâche, y compris le nom de la personne ou de l’entreprise qui l’a effectuée, la date de sa conclusion et la documentation officielle qui doit l’accompagner.

« C’est nécessaire d’avoir cette traçabilité quand il faut réparer un viaduc ou une structure, indique Hugo Brizard. L’information n’a pas nécessairement besoin d’être publique, mais au moins les actions qui sont prises peuvent être justifiées par des faits. »

En attendant, Hugo et Samuel poursuivent leur travail dans des bureaux du Centech, le centre d’entrepreneurship technologique de l’ÉTS, où ils font partie d’un programme de propulsion d’entreprises.

Avec le lancement de la première version de K-Ops et l’embauche récente d’un stagiaire pour compléter son équipe, Hugo Brizard entrevoit l’avenir avec beaucoup d’optimisme, confiant de pouvoir changer le visage de l’industrie de la construction.

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