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Une bactérie menace la population itinérante de Montréal

Depuis le mois de mai, six itinérants de Montréal ont été infectés par la bactérie streptocoque de groupe A et l'un d'entre eux est mort. Loin d'être une épidémie, la situation n'en est pas moins préoccupante : cette bactérie généralement inoffensive peut se développer en maladie mangeuse de chair chez les populations vulnérables.

Les refuges pour sans-abris de la métropole sont actuellement en état d'alerte pour prévenir la prolifération de la bactérie.

Six cas, dont un décès, sont officiellement recensés jusqu'à présent, mais certains laissent entendre que le bilan s'élève plutôt à 16 cas et 2 décès.

Les deux premiers cas ont été rapportés au début du mois de mai à la Mission Bon Accueil, située dans le quartier Saint-Henri.

C'est la première fois qu'une bactérie de ce type est identifiée dans un refuge montréalais.

« On est dans l'inconnu », admet le président directeur général de l'établissement, Sam Watts.

Si la situation est nouvelle, M. Watts n'est toutefois pas surpris que la population itinérante soit touchée par l'éclosion.

« Pour vous ou moi, une telle bactérie nous donnerait probablement un mal de gorge, pas plus que ça, mais pour quelqu'un qui a d'autres conditions médicales, ou qui n'a pas fréquenté un hôpital ou un médecin depuis une longue période de temps et qui a d'autres conditions, ça pourrait être plus sérieux », dit-il.

Qu'est-ce que la bactérie streptocoque de groupe A?

La bactérie est très commune selon Noémie Savard, médecin spécialiste de la Direction de la santé publique de Montréal.

Elle peut se retrouver chez une ou deux personnes sur 10, dans la gorge, mais ne présente aucun symptôme dans la plupart des cas.

Or, chez une population plus vulnérable, comme les itinérants, la bactérie peut se développer en infection beaucoup plus grave comme la maladie mangeuse de chair.

« Des problèmes de santé chronique, la présence de plaies aussi [...] peuvent servir de porte d'entrée pour la bactérie. Ce sont des facteurs qui les rendent plus vulnérables à une infection grave », détaille Mme Savard.

Elle estime qu'il y a peu de risques que l'éclosion se propage en dehors de la population itinérante.

La Direction de la santé publique de Montréal a rapidement partagé un protocole de prévention à tous les refuges pour sans-abris de la métropole.

Ce protocole implique le renforcement des mesures d'hygiène de base, dont le lavage des mains, les douches et l'entretien régulier de l'environnement. L'objectif est de limiter la prolifération de la bactérie et de détecter dès que possible les infections éventuelles.

Quels sont les symptômes?

La bactérie streptocoque A se manifeste le plus souvent par un mal de gorge, des problèmes respiratoires, de la fièvre ou de la fatigue.

Elle se transmet lors de contacts rapprochés, notamment par la salive ou des plaies.

Noémie Savard est confiante que la situation sera maîtrisée sous peu – la saison estivale étant moins propice au développement de la bactérie –, mais précise qu'il faut demeurer vigilant.

Avec les informations de Louis de Belleval

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