Quand ils sont malades ou attendent un enfant, les patients clandestins n'ont qu'une adresse vers laquelle se tourner : la clinique pour migrants à statut précaire à Montréal. Médecins du monde Canada l'inaugurera mardi.

Si la petite clinique du boulevard Crémazie cherche à soigner les sans-papiers, la majorité de sa clientèle est en voie de régulariser sa situation, explique le Dr Nicolas Bergeron, président de Médecins du monde Canada.

Certains sont piégés dans les dédales bureaucratiques, comme les enfants nés de parents immigrants ou les résidents permanents en délai de carence pour obtenir la carte d'assurance maladie. Touristes, travailleurs saisonniers et étudiants composent la moitié des patients.

Seul un patient sur trois est en situation illégale. « Certains craignent d’être identifiés et déportés, mais ce n’est pas la majorité », indique le président de l’organisme, qui a pour mission d’offrir et de promouvoir les soins de santé pour les personnes exclues et vulnérables, à l’international comme au pays.

Le tiers des patients qui se tournent vers les services de Médecins du monde Canada ont accès au système de santé, mais ont besoin d’aide linguistique, explique le Dr Bergeron en entrevue à l’émission 24/60.

Un service à intégrer au système public de santé… ou pas

Les soins dispensés par la clinique devraient-ils être intégrés au système public? « C’est une question de débat public », répond le psychiatre au CHUM.

Toutefois, l’accompagnement prénatal d’une femme enceinte « est plus payant que de la recevoir à l’urgence en catastrophe », explique-t-il. Même chose pour un patient atteint de tuberculose que la clinique peut recevoir sans l’exposer au restant de la population.

Pourtant, la moitié des 300 bénévoles sont des médecins de famille et ils reçoivent à même leur clinique les plus démunis.

À la recherche de l'appui de Québec

Pour fonctionner, la clinique roule avec 350 000 $ par année grâce au financement philanthropique, ainsi qu'à des fonds publics pour le dépistage des infections transmises sexuellement (ITS). Or, les besoins sont immenses.

« On essaie d’influencer l’État pour dire que l’aide aux sans-papiers est une meilleure solution pour nous tous, explique le Dr Bergeron. Médecins du monde peut faire une petite clinique sanctuaire, mais le problème est évidemment beaucoup plus large. On a besoin d’une réponse étatique plus prononcée. »

La clinique, qui exerce ses activités depuis 2011, voit passer pas moins de 3000 patients chaque année dans le bureau de ses médecins et de ses travailleurs sociaux. Les services sont réservés aux plus précaires sans assurances privées.

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