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Une collecte pour la bataille juridique de l'imam Chaoui

Un groupe d'étudiants universitaires a lancé une collecte de fonds sur le web pour aider l'imam Hamza Chaoui à mener sa bataille juridique contre la Ville de Montréal et le maire Denis Coderre.

Un texte d'Olivier Bachand

Le prédicateur fondamentaliste a déposé la semaine dernière une poursuite en diffamation de 500 000 $ parce qu'il estime que le maire a porté atteinte à sa réputation en le qualifiant d'agent de radicalisation.

Sur Facebook, la page intitulée Je suis Hamza Chaoui ne cesse de gagner en popularité depuis le dépôt de la poursuite de l'imam. Plus de 2000 des quelque 2400 mentions J'aime de la page mise en ligne en avril ont été récoltées au cours de la dernière semaine.

Sur la page, un lien redirige les internautes vers un site web pour amasser des dons qui serviront à financer la bataille juridique d'Hamza Chaoui. Il a été mis sur pied ce printemps par un groupe d'étudiants.

Radio-Canada a pu s'entretenir avec l'un d'entre eux, qui a souhaité conserver l'anonymat. Il explique que le groupe a décidé de créer ce site web pour donner un appui moral et financier à l'imam. « On est conscient qu'une course juridique, ce n'est pas donné à tout le monde, surtout pour faire valoir un droit fondamental comme la liberté d'expression. »

Le jeune homme affirme que le groupe est notamment formé d'étudiants de l'Université de Montréal, de l'Université du Québec à Montréal et de l'Université Concordia. Des gens de confession musulmane tout comme des athées en feraient partie.

À la demande de l'imam Chaoui, il n'a pas voulu révéler quel montant a été récolté en dons jusqu'à présent. Il affirme cependant que tous proviennent du Québec.

Un appui qui va de soi, selon son avocat

L'avocat d'Hamza Chaoui, Habib Rachidi, n'est pas surpris que des gens fassent des dons afin de soutenir l'imam controversé. Selon lui, certains sont « capables de s'élever au-dessus du discours de bas étage » entourant son client pour s'apercevoir que cette affaire concerne la liberté d'expression.

Selon l'avocat, il est inconcevable d'accepter qu'un élu humilie un citoyen en raison de ses convictions, même si l'on est en désaccord avec son discours. L'hiver dernier, la Ville de Montréal a bloqué le projet de centre communautaire islamique de l'imam Chaoui dans l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve en raison de ses propos controversés sur les femmes, les homosexuels et la démocratie.

Au cours d'une conférence de presse tenue pour annoncer que l'imam n'obtiendrait pas le certificat d'occupation requis pour diriger le centre, le maire Denis Coderre avait qualifié Hamza Chaoui « d'agent de radicalisation » et de « fomenteur de tensions sociales ».

Une cause populaire?

L'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec doute que la collecte de fonds de l'imam suscite un grand intérêt. Selon son coprésident, Haroun Bouazzi, les musulmans du Québec n'ont « pas beaucoup de sympathie envers cet imam ».

Son organisation continue tout de même de dénoncer les propos tenus par le maire Coderre. Haroun Bouazzi estime qu'il a été irresponsable en associant Hamza Chaoui au groupe armé État islamique. « Un musulman n'est pas automatiquement terroriste s'il est désagréable. »

Le maire Denis Coderre n'a pas voulu commenter.

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