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Une dernière chaîne humaine pour protéger l'école publique

Le mouvement de parents baptisé « Je protège mon école publique » a tenu ce matin ses dernières chaînes humaines de l'année scolaire. Parents et élèves d'une cinquantaine d'écoles du Québec ont entouré leur école respective afin de la protéger symboliquement contre les compressions budgétaires du gouvernement libéral.

La porte-parole du mouvement, Pascale Grignon, a rappelé que, même si le réinvestissement de 100 millions en éducation a été le bienvenu, il s'agit d'un montant bien insuffisant, considérant les compressions passées. « Il y a eu un milliard de dollars de compressions dans les dernières années, et on a coupé un autre 350 millions en septembre. » 

Manifestant devant l'école Saint-Jean-de-Bréboeuf, dans le quartier Rosemont - là où est né le mouvement l'an dernier -, elle précise qu'il manquerait deux milliards de dollars dans le réseau de l'éducation québécois pour rejoindre la moyenne canadienne.

Elle souligne que l'Ontario, province souvent citée en exemple par le gouvernement en raison de son haut taux de diplomation, investit davantage que la moyenne canadienne afin d'assurer la réussite de ses élèves.

« Il y a un engagement financier à prendre, un choix de société à faire », poursuit Mme Grignon, qui estime que le mouvement « Je protège mon école publique » a montré la volonté des parents d'avoir « une école publique en santé, innovante, mobilisante, inspirante ».

Le mouvement estime que la situation des écoles publiques s'est détériorée au cours de la dernière année. Les écoles manquent de services professionnels, notamment d'orthopédagogues, d'orthophonistes et de psychologues; elles sont surpeuplées et elles doivent composer avec des bâtiments vétustes, ajoute Mme Grignon.

« La clientèle est en croissance alors qu'on réduit les services. Les enfants aux besoins particuliers sont intégrés dans les classes - ce qui en soi n'est pas mauvais -, mais s'il n'y a pas les services derrière, ça crée des situations épouvantables. »

Des représentants du mouvement « Je protège mon école publique » ont rencontré le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx lundi dernier. La porte-parole du groupe est ressortie de cette rencontre plus encouragée que lors de son tête-à-tête avec le prédécesseur de M. Proulx, François Blais. Mme Grignon estimait que le ministre Blais était « déconnecté de la réalité des écoles publiques ».

Le ministre Proulx veut faire de la réussite scolaire et de la hausse du taux de diplomation ses principaux chevaux de bataille. Le mouvement « Je protège mon école publique » estime qu'un réinvestissement massif en éducation est nécessaire pour parvenir à ces fins.

La porte-parole du mouvement se réjouit de la « réelle ouverture et de la réelle écoute » du ministre Proulx. « Il est conscient que la situation n'est pas idéale dans les écoles du Québec », explique Mme Grignon, tout en se disant d'accord avec le plan et la vision présentés par le ministre. « C'est un plan basé sur de la recherche avec des résultats probants », ajoute-t-elle.

Selon Mme Grignon, il s'agit d'un virage à 180 degrés pour le gouvernement Couillard en éducation, mais elle croit que la vision du ministre souffre d'un manque de financement. Il est utopique, à son avis, de penser réaliser le plan du ministre sans un réinvestissement massif.

« J'ai été heureux de ma rencontre et je crois qu'ils ont été satisfaits de la leur », a confirmé le ministre Proulx. « Je comprends le point de vue des parents », a-t-il ajouté en précisant qu'il y avait eu un réinvestissement en éducation. Le ministre se réjouit du dialogue établi avec le mouvement de parents.

Le mouvement entend continuer de militer en faveur de l'école publique, mais il compte réfléchir aux moyens à prendre pour faire entendre la voix des élèves au gouvernement.

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