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« Une dernière chance » de déplacer la future gare de Mirabel

Le projet a beau être très avancé, le maire de Mirabel, Jean Bouchard, s'est laissé convaincre, lors du conseil municipal de lundi, d'organiser une rencontre de la « dernière chance » entre le Réseau de transport métropolitain (RTM) et l'Union des producteurs agricoles (UPA), qui s'oppose depuis plusieurs années au choix du site retenu pour la future gare de train de banlieue des Laurentides.

Un texte de Jérôme Labbé

« Il n'est plus minuit moins une, dans ce dossier-là; il est minuit plus une! Tout, tout a été accordé. »

Au bout du fil, le maire Bouchard semble agacé par l'obstruction de l'UPA, qui avait dépêché plusieurs dizaines d'agriculteurs à la réunion du conseil de lundi soir pour faire valoir son point de vue, qu'elle défend depuis... 2005.

C'est que la future gare de train banlieue, qui viendrait s'insérer entre les stations de Blainville et de Saint-Jérôme, doit en théorie être construite sur un terrain de 3,4 hectares au nord de la rue Victor, dans le secteur de Saint-Janvier.

Ce terrain est zoné « agricole », concède le maire Bouchard, mais comme il a été racheté par la Ville il y a un peu plus d'un an, rien ne l'empêche plus d'en faire une utilisation publique. Un changement de zonage n'est même pas nécessaire, pense-t-il, ajoutant que des maisons ont déjà été construites par les anciens propriétaires sur le site projeté.

Or, il s'agit de « terres agricoles de grande qualité et actuellement en exploitation », fait valoir l'UPA, ajoutant que « l'avenir de la zone agricole adjacente sera compromis par l'inévitable étalement urbain autour d'un tel pôle de transport ».

Le syndicat plaide plutôt pour un autre site, juste au sud de la rivière Sainte-Marie, le long de la rue Charles, qui aurait en outre le mérite de favoriser « le transport actif et collectif [marche, vélo, autobus] pour des centaines de résidents du secteur », le tout « sans aucun impact pour la zone agricole, contrairement au site choisi aux abords de la rue Victor ». Il en appelle même à la présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal, Valérie Plante.

Élu en 2013 et réélu l'an dernier, le maire Bouchard fait valoir de son côté que tout le processus d'analyse des sites potentiels a déjà été effectué par le RTM. Le scénario de la rue Charles, indique-t-il, n'a pas été retenu pour des raisons de sécurité et de fluidité.

Toutefois, il se dit prêt à organiser une dernière réunion avec les représentants de l'UPA, « avec une présentation du Réseau de transport métropolitain, qui puisse leur donner, avec le plus de transparence possible, le résultat de leur analyse et le choix de la rue Victor ».

« On est en mesure d'aller de l'avant [...], mais pour une dernière chance, le temps de bien expliquer encore une fois à l'UPA les tenants et aboutissants du choix de la rue Victor, on est ouverts encore à faire une rencontre dans ce sens. Mais par la suite, si le RTM, encore une fois, décide que, pour toutes sortes de raisons techniques, de sécurité et de fluidité, ce n'est pas possible, eh bien là, à un moment donné, il va falloir que l'UPA lâche prise, parce que c'est clair que la population est en attente depuis trop longtemps », soupire-t-il.

L'UPA accueille positivement « l'ouverture » de M. Bouchard, écrit-elle dans un communiqué transmis mardi après-midi, ajoutant qu'elle entend « profiter de la rencontre avec le RTM pour mettre de l’avant des arguments solides en faveur d’un site hors de la zone agricole ».

Après plusieurs reports, des investissements de 1,3 million de dollars ont été annoncés en décembre dernier par les gouvernements fédéral et provincial, ainsi que l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), dans la construction de la future gare de train de banlieue de Mirabel. Des appels d'offres pour les plans et devis doivent être lancés dans les prochains mois, si bien que la première pelletée de terre est prévue fin 2018 ou début 2019.

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