Une école unique pour les jeunes atteints de trouble du spectre autistique (TSA) a été inaugurée à Joliette. L'école de l'Espace-Jeunesse ne néglige aucun effort ni moyen pour offrir le maximum à ses 93 élèves. Voici comment.

D'après un reportage de Solveig Miller à Remue-ménage

Il aura fallu trois ans, mais il y a quelques mois, les jeunes (19 filles, 74 garçons) ont enfin emménagé, en octobre dernier, dans leur toute nouvelle école, construite au coût de 11 millions de dollars. Le souci du détail en fait l'une des plus belles et surtout des plus technologiquement avancées du Québec.

« Tous nos élèves ont une déficience intellectuelle moyenne, sévère ou profonde et parfois associée à un TSA [trouble du spectre de l'autisme], c'est le deuxième critère. Et le troisième, une psychopathologie », mentionne Annie Guévremont, directrice de l'école.

Le personnel de l'établissement compte 60 employés : des enseignants, mais aussi des ergothérapeutes, des orthophonistes, des techniciennes en langage éducateur et des psychologues.

L'enseignante Mylène Thériault expérimente une méthode de lecture qui mise sur l'intérêt de l'enfant. « On connaît l'intérêt de l'enfant, donc on va aller chercher les objets qu'il aime, les animaux. Juste apprendre des lettres et des mots, ça donne moins de sens, alors que là, on met un sens aux mots qu'il doit apprendre », explique-t-elle.

Une élève avec laquelle cette technique a été employée depuis novembre peut maintenant dire jusqu'à 60 mots, faire des phrases complètes et lire. « Au début de l'année, elle disait à peu près trois mots », souligne l'enseignante.

L'école comporte notamment une salle sensorielle, où l'on envoie les élèves dès qu'ils commencent à montrer des signes de tension. Il s'agit d'une méthode de prévention, qui porte ses fruits.

Un fardeau pour la famille

Un enfant lourdement handicapé représente souvent un fardeau pour une famille. Il n'est pas rare que les couples éclatent. Plus de 30 % des jeunes de l'école sont en famille d'accueil, leurs parents étant à bout de ressources.

Ces enfants éprouvent souvent de la difficulté à comprendre et à exprimer leurs sentiments. « Des élèves qui ont des difficultés comportementales sont ceux qui ont le plus besoin de notre aide », estime la psychoéducatrice Mélanie Mondoux.

Chaque enfant a un dossier médical lourd, et il doit souvent consommer beaucoup de médicaments, sous la supervision du personnel de l'établissement.

L'enseignante Caroline Venne croit néanmoins que l'école leur fait le plus grand bien. « Ici, la vie est belle à la base. Des grandes préoccupations, les élèves n'en ont pas. C'est le ici, le maintenant, le présent. [...] Ils sont toujours contents, ils sont heureux d'être ici », dit-elle.

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