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Une étude soulève des doutes sur l’interdiction des sacs de plastique minces à Montréal

La Ville de Montréal a-t-elle fait une erreur en bannissant les sacs de plastique minces? C'est la question que plusieurs se posent à la suite de la publication d'une étude de Recyc-Québec sur le cycle de vie des sacs d'emplettes.

Dans cette étude, le bilan environnemental de plusieurs types de sacs a été analysé en tenant compte de leur fabrication, de leur utilisation et de la façon dont ils termineront leur vie.

De ces sacs, le sac de plastique conventionnel, banni à Montréal, est celui qui a le moins d'impacts environnementaux dans la catégorie des sacs jetables, tandis que les sacs de plastique plus épais et les sacs de papier, toujours autorisés, sont globalement plus polluants.

« Présentement, le sac mince est celui qui a la moins grande empreinte environnementale, alors il est injustifiable de vouloir le bannir », présente Marc Robitaille de l’Association canadienne de l’industrie des plastiques et président d’Omniplast, une compagnie qui oeuvre dans la fabrication d’emballages recyclables et réutilisables.

À l’Association des détaillants en alimentation du Québec, on ne comprend pas non plus comment « imposer aux détaillants des sacs plus épais » et ainsi « augmenter la quantité de plastique » aide l’environnement.

Mais les sacs minces ont un grand point faible, ils sont souvent abandonnés dans l'environnement, où ils se dégradent très lentement.

« Souvent [le sac de plastique mince] va se déchirer, il se retrouve dans l'environnement, accroché à un arbre, sur les berges. On va arriver au printemps bientôt, puis on va voir en dessous des amoncellements de neige des sacs qui traînent et tout, alors ce qu'on vise, c'est de changer le comportement en général des gens », explique Jean-François Parenteau, responsable de l'environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Et c’est là le pari de la Ville : que les gens réutilisent les sacs.

Car, si les Montréalais changent leurs habitudes, la réglementation pourrait s'avérer bénéfique puisque les sacs de plastique plus épais peuvent avoir un meilleur bilan environnemental que les sacs minces s'ils sont utilisés de trois à six fois.

Même chose pour les sacs réutilisables s'ils sont utilisés entre 35 et 75 fois.

Cependant, encore faut-il que les gens les rapportent.

Frank Hénot, propriétaire de l’Intermarché Boyer du Plateau Mont-Royal, explique qu’il vend beaucoup moins de sacs de plastique depuis la nouvelle réglementation, mais que rares sont ceux qui rapportent leurs sacs plus épais pour les utiliser de nouveau.

« Je pense qu'on est sur la bonne voie. Si on veut s’ajuster et qu'on voit qu'on a un impact négatif, c'est certain qu'on peut se revirer de bord et changer de cap, ça, il n’y a aucun problème là-dessus », répond Jean-François Parenteau.

Selon Recyc-Québec, sept sacs de plastique conventionnels sur 10 sont réutilisés comme sacs à ordure à l’heure actuelle, ce qui représente un avantage. Cependant, il reconnaît que la meilleure option concernant l’utilisation des sacs d’emplettes est de tout simplement ne pas en utiliser.

- Avec les informations d’Olivier Bachand

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