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Une injonction à Varennes ralentit les travaux de l’échangeur Turcot

Les travaux sur le chantier de l'échangeur Turcot sont ralentis en raison d'une injonction rendue à la demande de 26 résidents d'un chemin rural de Varennes, exaspérés par le passage de centaines de camions chaque jour.

Le juge Kirkland Casgrain, de la Cour supérieure, a interdit le camionnage sur le chemin de la Butte-aux-Renards, le soir, la nuit et les fins de semaine (sauf exceptions) tant que la cause ne sera pas entendue sur le fond.

Chaque jour depuis 2016, des centaines de camions transportent sur ce chemin de la pierre de remblai et des produits d’asphaltage vers le chantier de l’échangeur Turcot.

Une carrière qui y est exploitée par le Groupe CRH est la seule de la région de Montréal dont la pierre a les propriétés chimiques requises pour ralentir la corrosion des tiges d’acier dans le béton utilisé pour la construction de l’échangeur.

« L’enfer »

Les résidents qui habitent sur ce chemin vivent l’enfer, écrit le juge Casgrain. Il est question d'une véritable procession de camions, jour et nuit, 365 jours par année.

Un de ces résidents, Jeffrey Kuhn, a affirmé à Radio-Canada que ses enfants ne dorment plus.

« On s’attend à ce qu’il y ait des opérations pendant les heures normales, du lundi au vendredi. Moi, que la carrière fonctionne, c’est bien correct. [Mais] il faut laisser un peu de temps pour que les gens puissent se reposer », dit-il.

Les résidents s’inquiètent aussi de la perte de valeur de leur maison. « On s'est fait fortement décourager par la Ville de prendre la voie légale, parce que ça va coûter cher, dit Jeffrey Kuhn. Mais à un moment donné, on n'a plus le choix, parce que c'est notre investissement aussi. Nous autres on a investi dans nos maisons, mais qui va acheter ça ? »

Le jugement cite d’ailleurs plusieurs témoignages de personnes qui décrivent comment le bruit et la poussière jouent sur leur humeur et nuisent à leur sommeil.

« Un minimum d'égards »

« La vie et la santé des résidents de la Butte-aux-Renards valent plus que le chantier de l’échangeur Turcot », écrit le juge Casgrain.

Il rappelle que quelques années avant le début des travaux, Québec a ordonné que soient déménagées environ 150 couleuvres brunes du Nord parce que les travaux projetés auraient augmenté la menace d'extinction qui pèse sur elles. « Les résidents de la Butte-aux Renards ont droit, eux aussi, à un minimum d'égard », écrit-il.

Les résidents croient que la solution serait de construire une voie de contournement. Une demande en ce sens a déjà été faite, mais elle s’est heurtée à un refus de la part de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec, écrit le juge.

Le consortium KPH Turcot et le ministère des Transports du Québec ont dix jours pour faire appel de la décision du juge Casgrain.

Avec des informations de Catherine Gauthier et de Marc Verreault

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