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Une injonction ralentissant les travaux de l’échangeur Turcot partiellement suspendue

Les camions du Groupe CRH pourront circuler plus longtemps les jours de semaine sur le chemin de la Butte-aux-Renards, à Varennes, l'injonction obtenue par les résidents ayant été partiellement suspendue par la Cour d'appel du Québec, il y a quelques jours. Le chantier de l'échangeur Turcot pourrait aussi recommencer à tourner à plein régime sous peu.

Un texte de Bernard Barbeau

Plus tôt ce printemps, le juge Kirkland Casgrain, de la Cour supérieure, avait imposé à la demande de 26 résidents du chemin rural une injonction interdisant le passage des camions à cet endroit le soir, la nuit et les fins de semaine (sauf exception) tant que la cause ne serait pas entendue sur le fond. Cette décision, qui limitait aussi le nombre de camions pouvant circuler dans le secteur les jours de semaine, avait eu pour effet de ralentir les travaux sur le chantier de l'échangeur Turcot.

« La vie et la santé des résidents de la Butte-aux-Renards valent plus que le chantier de l’échangeur Turcot », avait écrit le juge Casgrain.

Mais le Groupe CRH avait interjeté appel de la décision, demandant du même coup que l'injonction soit suspendue.

Cet appel vient d'être autorisé par le juge de la Cour d’appel Robert M. Mainville, qui annule du même coup la limite de camions pouvant circuler dans le secteur pendant les jours de semaine.

Les parties ont maintenant rendez-vous en Cour d'appel le 30 mai.

Dans sa décision, le juge Mainville souligne que l’entreprise et ses partenaires ont invoqué des préjudices « non seulement sérieux, mais aussi irréparables, puisqu’il n’est pas réaliste de croire qu’elles pourront se faire indemniser pour les pertes financières ainsi subies ».

Des centaines de camions empruntent le chemin de la Butte-aux-Renards chaque jour, depuis deux ans, pour transporter de la pierre de remblai et des produits d’asphaltage vers le chantier de l’échangeur Turcot, faisant du bruit et dégageant de la poussière.

Et il semble que les camions ne puissent pas passer par une autre route. La carrière du Groupe CRH, tout près, est la seule de la région de Montréal dont la pierre a les propriétés chimiques requises pour ralentir la corrosion des tiges d’acier dans le béton utilisé pour la construction de l’échangeur.

Les résidents du chemin croient que la solution serait de construire une voie de contournement. Une demande en ce sens a déjà été faite, mais elle s’est heurtée à un refus de la part de la Commission de protection du territoire agricole du Québec.

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