Pendant que le Canada célèbre ses 150 ans, une maison de la région de Pointe-Fortune fête ses 200 ans. Construite pour un dirigeant de la Compagnie du Nord-Ouest, on y trouve plusieurs pièces et meubles d'origine. Mais elle a bien failli être démolie en 1960.

Un texte de Francis Labbé

La maison Macdonell-Williamson a été bâtie en 1817 pour John Macdonell, qui venait de quitter la traite des fourrures en Saskatchewan. Le roi Georges III lui a concédé un terrain, où il l'a fait construire par des artisans montréalais.

Elle se trouve à quelques mètres à l'ouest de la frontière qui sépare le Québec et l'Ontario, dans la région de Pointe-Fortune. À l'époque, c'était la première propriété qu'un voyageur rencontrait lorsqu'il passait du Bas-Canada au Haut-Canada.

La maison a été expropriée et a failli être démolie lors de la construction du barrage de Carillon, au début des années 1960. Elle a été sauvée in extremis par Héritage Ontario.

La société gouvernementale l'a ensuite confiée à un premier comité de citoyens, qui n'a pu remplir sa mission. Laissée à l'abandon, elle a été récupérée en 1992 par Les Amis de la maison Macdonell-Williamson, groupe constitué de bénévoles de Pointe-Fortune et de Chute-à-Blondeau, en Ontario.

Les Amis de la maison parviennent à exploiter l'endroit avec un budget annuel de 5000 $, une somme qu'ils ramassent grâce à des dons, des collectes de fonds et la vente d'articles divers.

Mais la demeure aurait besoin d'investissements de 2 millions de dollars afin de retrouver son lustre d'antan, selon Yvette Larocque, l'une des fondatrices des Amis de la maison Macdonell-Williamson.

Malgré tout, on y trouve plusieurs meubles d'époque, des murs et des planchers d'origine, avec la couleur originale. Les moulures en plâtre qui ornent les plafonds de cette demeure sont impressionnantes et témoignent du savoir-faire des artisans du début du 19e siècle.

« Deux cents ans, ce n'est rien en Europe, où l'on visite des châteaux de 700 ans. Mais cette maison, c'est notre histoire, ici, dans le Haut-Canada », affirme Mme Larocque.

« Il faudrait que les gouvernements nous accordent des subventions. Les gens nous aident, mais nous vivons dans une petite région. Les gouvernements devraient nous aider davantage. »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine