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Une marche en mémoire des Irlandais morts du typhus à Montréal au 19e siècle

Une centaine de personnes, dont la mairesse Valérie Plante, le maire de Dublin, Micháel Éamonn Mac Donncha, et quelques ministres, ont participé dimanche à la marche pour la Roche noire dans le quartier de la Pointe-Saint-Charles, dans l'arrondissement du Sud-Ouest de Montréal.

Ils sont partis de l’église Saint-Gabriel et ont marché sur deux kilomètres jusqu’au site de la Roche noire, près du pont Victoria.

Cette tradition vieille d'une centaine d'années rend hommage aux Montréalais d'origine irlandaise morts du typhus au milieu du 19e siècle.

En 1847, quelque 100 000 Irlandais ont pris le bateau pour fuir la famine et s'établir au Québec.

Certains sont morts à bord, d’autres pendant la quarantaine qui leur a été imposée à Grosse-Île, en face de Montmagny, dans le Bas-Saint-Laurent.

« Ceux qui sont capables de s’en sortir, car le médecin donne le go, arrivent à Montréal, tombent malade du typhus, et c’est la grande contagion », rappelle l’historien Simon Jolivet, coauteur du livre Le Québec et l’Irlande.

Bon nombre des Irlandais qui se sont rendus jusqu'à Montréal se sont établis dans les quartiers de Pointe-Saint-Charles et de Griffintown.

Parmi les marcheurs, on comptait Veronica Fitzmorris, tout de vert vêtue. Son arrière-grand-mère est arrivée à Grosse-Île à l’âge de 12 ans, après la mort de ses parents, à bord du bateau qui devait les amener vers une vie meilleure.

On estime que 6000 Irlandais sont morts du typhus en moins d'un an à Montréal, la plupart dans des baraques près de l'emplacement de la Roche noire.

Pourtant, cette histoire, tout comme la signification de la roche plantée au milieu de la route, est peu connue.

Un groupe essaie depuis quelques années d'obtenir un parc commémoratif, et le projet est en bonne voie de se réaliser, selon la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

« Ça avance vraiment bien. On va faire un beau parc de commémoration », dit-elle. Le parc, qui sera situé à l’endroit où se trouve la Roche noire, sera aménagé en collaboration avec Hydro-Québec.

La fameuse roche a été tirée du fleuve par les ouvriers qui ont travaillé à la construction du pont Victoria dans les années 1850. Ils y ont gravé le message suivant : « Pour préserver de la profanation les restes de 6000 immigrants qui sont morts de la fièvre des navires [nom par lequel on désignait le typhus] ».

Avec des informations de Marie-Laure Josselin

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