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Une mère de Longueuil reconnaît avoir « loué » sa fillette à un pédophile

Une Longueilloise de 39 ans a plaidé coupable à huit chefs d'accusation pour avoir vendu les services sexuels de sa fille âgée entre 6 et 9 ans à un pédophile.

Un texte de Geneviève Garon

La mère, dont l'identité est protégée par la cour afin de préserver l'anonymat de l'enfant, avait été accusée dans la foulée de l'arrestation du pédophile Marc Clermont, 62 ans, en mars dernier.

Selon les informations transmises par le Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) à l'époque, la mère s'était elle-même rendue aux autorités afin de lever le voile sur le stratagème qui aurait duré trois ans. Elle aurait rencontré Marc Clermont sur un site de rencontre.

Un inspecteur-chef du SPAL, Pierre Marchand, avait alors résumé en ces termes les dires de la mère : « Lorsqu’ils sont allés à un premier rendez-vous chez la dame, l’individu en question a vu la jeune fille et a mentionné à la dame qu’il aimerait avoir des rapports sexuels avec la jeune fille et qu’il était prêt à payer. Donc, la dame a accepté à ce moment-là. » Les sévices se seraient déroulés de mai 2013 à mars 2017.

La mère a reconnu avoir incité sa fille à se prostituer et à toucher un tiers à des fins d'ordre sexuel. Elle a aussi plaidé coupable pour avoir exercé un contrôle sur elle dans le but de l'exploiter et d'en avoir tiré un avantage, en plus d'avoir vécu des fruits de la prostitution de son enfant et de l'avoir leurrée.

L'exposé des faits n'a pas été lu en salle d'audience et a été mis sous scellés, ce qui empêche de révéler les détails de cette sordide histoire.

Évaluation psychiatrique

Selon le dossier judiciaire consulté par Radio-Canada, la Longueilloise a été admise à l'Institut Philippe-Pinel le 20 juillet dernier « en vue de procéder à l'expertise psychiatrique requise par la cour ».

Dans une lettre signée par le directeur des services professionnels de l'établissement, Gilles Chamberland écrit que vue « l'importance de la symptomatologie psychiatrique présentée », l'Institut a besoin d'un mois supplémentaire pour évaluer la détenue et fournir un rapport complet. « L'état mental actuel de ce patient nécessite la continuation de l'observation et du traitement », précise-t-il.

Lors de la dernière audience, le 22 septembre dernier, la cour a ordonné la production d'un rapport présententiel au sujet de la trentenaire en prévision des observations sur la peine. Elle est détenue depuis son arrestation le 8 mars dernier et doit être de retour en cour le 22 novembre.

Son présumé complice, Marc Clermont, fait face à un total de 17 chefs d'accusation, dont agression sexuelle armée, contacts sexuels, corruption d'enfant et possession de pornographie juvénile. Deux présumées victimes de plus se sont manifestées cet été. Elles auraient été agressées alors qu'elles étaient mineures pendant huit ans, de 1989 à 1997.

Le sexagénaire a des antécédents en semblable matière : en 2010, il avait plaidé coupable à neuf chefs d'accusation, dont contact sexuel et incitation à des contacts sexuels, et avait écopé de trois ans d'emprisonnement.

Il a renoncé à être remis en liberté pour l'instant et demeure détenu. Il doit être de retour en cour le 4 décembre.

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