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Une Mohawk honorée sur la future place des Montréalaises

La place des Montréalaises, présentée mercredi par la Ville de Montréal, rendra hommage à l'ancienne journaliste mohawk Myra Cree. Une mesure saluée par plusieurs Autochtones qui l'ont côtoyée.

Un texte de Jean-Philippe Guilbault

La place des Montréalaises sera inaugurée en 2022 sur le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie et mettra en lumière les réalisations de sept femmes ayant marqué l'histoire de la métropole.

Aux côtés de Jeanne Mance, d'Ida Roth Steinberg, d'Agnès Vautier, de Jessie Maxwell Smith, d'Idola St-Jean et de Marie-Josèphe Angélique, la Mohawk Myra Cree sera reconnue pour son travail dans le domaine des communications.

Lauréate du prix Judith-Jasmin en 1984, la journaliste originaire de Kanesatake était « très impliquée » au sein de sa communauté.

« On était bien représentés avec elle », raconte l’ancienne chef au conseil de Kanesatake, Michelle Lamouche.

Elle est contente que Montréal souligne les accomplissements d’une personne de Kanesatake. Une mesure « rare », selon elle.

« D’habitude ce sont des personnes des autres communautés », indique-t-elle.

De son côté, le fondateur de l’organisme culturel Terres en vue et réalisateur innu André Dudemaine souligne d’emblée la « belle initiative » de la Ville consistant à rendre hommage à des femmes montréalaises.

Et que Myra Cree fasse partie de ces personnalités mise à l’honneur est « justifié », dit-il.

« C’est quelque chose qui nous fait plaisir et qui marque certainement une reconnaissance de personnes des Premières Nations dans le développement et l’histoire de la Ville de Montréal », explique le réalisateur, qui ne tarit pas d’éloges à l’endroit de la Mohawk.

Un avis partagé par la présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), Viviane Michel. « C'est son engagement [envers] la ville [qui est reconnu] », souligne celle qui a fait partie du comité chargé de sélectionner les personnes honorées par le projet. Vivane Michel indique que le comité a aussi considéré la militante mohawk Mary Two-Axe Early lors de ses délibérations.

« Je trouve que c'est une belle reconnaissance d'inclusion dans l'histoire du 375e anniversaire de Montréal de reconnaître que des femmes autochtones ont aussi participé à l'avancement de la Ville de Montréal », estime la présidente de la FAQ.

Une femme de radio et de télévision

« Habituellement, ces dames très fortes et avec de grands talents - qui ont un charisme et qui marquent un secteur artistique -, [...] on les voit dans les arts de la scène […], mais à la radio, c’est assez rare, indique André Dudemaine. Dans son cas, elle a poussé l’animation radiophonique à un niveau artistique extrêmement élevé. »

André Dudemaine n’hésite pas à qualifier le travail fait par Myra Cree à la radio de Radio-Canada de « magique », d'« humoristique » et d'« intelligent ».

Fille et petite-fille de chef mohawk, la journaliste est devenue en 1973 la première femme à la barre d’un téléjournal de Radio-Canada. À l’été 1990, elle a participé à la fondation du Mouvement pour la paix et la justice à Oka-Kanesatake.

« Elle portait très fièrement son identité mohawk », explique André Dudemaine.

En 1995, la Mohawk a été nommée chevalière de l’Ordre national du Québec. Myra Cree est décédée en 2005 d’un cancer des poumons, à l’âge de 68 ans.

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