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Une nouvelle patrouille de rue pour les Autochtones de Montréal

Une nouvelle patrouille arpente les rues du centre-ville de Montréal trois soirs par semaine avec sandwiches, vêtements chauds et brosses à dents. Le « Wolf Pack Street Patrol » espère ainsi contribuer à combler les besoins criants des sans-abri autochtones à Montréal.

Un texte d'Anouk Lebel

L’initiative a été mise sur pied il y a un peu plus d’un mois par Al Harrington, un Ojibway de la Première Nation Shoal Lake, en Ontario. Il a déjà été travailleur de rue au Centre d’amitié autochtone de Montréal.

Le Centre dispose aussi d’une patrouille de rue : la patrouille Ka’washse, qui parcourt le centre-ville en camionnette jusqu’à 21 h les soirs de semaine et pendant la journée le vendredi.

Le Wolf Pack intervient plutôt à pied, entre 20 h et minuit. Car c’est surtout plus tard en soirée que les sans-abri ont besoin d’aide, selon Al Harrington.

Des besoins criants

Cette nouvelle initiative ne dédouble pas le travail de la camionnette de la patrouille de rue Ka’washse, croit Arlene Cross, travailleuse de première ligne au Centre d’amitié autochtone de Montréal. « C’est un atout. Nous sommes fiers d’eux », dit-elle.

La patrouille de rue Ka’washse offre aussi un service d’échange d’aiguille stérilisée et des contrôles médicaux, ce que ne fait pas le Wolf Pack.

Montréal compte 3000 sans-abri, dont 10 % sont Autochtones, selon un sondage réalisé en 2015. Les Autochtones représentent pourtant moins de 1 % de la population de la ville.

Des bénévoles aux horizons variés

Le soir, le Wolf Pack se divise en deux groupes de quatre ou cinq personnes et commence sa tournée au carré Cabot, près du métro Atwater, lieu de rassemblement bien connu des Autochtones qui vivent dans la rue.

Al Harrington rencontre notamment Cedric, pour qui l’aide du groupe est bienvenu. Il demande de la sauge pour une cérémonie de purification. Al lui répond qu’il verra ce qu’il peut faire.

L’une des patrouilleuses, Annie Roussy-Ste-Croix, est aussi bénévole au refuge La Porte ouverte (The Open Door) au coin de la rue Atwater et du boulevard René-Lévesque. Ayant un visage connu, cela inspire confiance, croit-elle. « Ça leur donne un sentiment de sécurité. C’est un coup de main de plus. »

Le révérend Brian Perron de l’Église de l’Épiphanie, à Verdun, participe aussi aux patrouilles bénévoles en compagnie de sa femme les mardis. L’Église anglicane du Canada veut participer au mouvement de réconciliation avec les Premières Nations, explique-t-il. « Je crois qu’il est temps de se mettre ensemble et de changer les choses. »

Un groupe inclusif

Le groupe s’inspire du « Bear Clan », à Winnipeg. S’il s’appelle le Wolf Pack (meute de loups en français), c’est parce que ces animaux sont protecteurs, mais aussi inclusifs. Ils n’hésitent pas à adopter d’autres membres, explique Al Harrington.

Tous sont bienvenus dans la « meute », les Autochtones et les non-Autochtones, souligne-t-il. Les patrouilleurs viennent aussi en aide à tous ceux qui en ont besoin.

Pour l’instant, le groupe fonctionne grâce à des bénévoles et des dons de la communauté. Obtenir du financement de la part des gouvernements prendra de six mois à un an, explique Al Harrington. Mais il faut agir maintenant, car les besoins sont pressants, croit-il.

Avec les informations de Lachlan Madill, CBC et de Sophie-Claude Miller

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