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Une nouvelle vie pour la bibliothèque Saint-Sulpice

Abandonnée il y a 10 ans et condamnée à la vente, la bibliothèque Saint-Sulpice aura finalement une seconde vie. Le ministère de la Culture et la Ville de Montréal vont transformer d'ici 2017 le bâtiment patrimonial en un nouveau centre techno pour les adolescents.

Un texte de Laurent Therrien

Ce qui a déjà été la plus grande bibliothèque francophone de Montréal a aujourd'hui bien mauvaise mine. Les étagères de la bibliothèque abandonnée en 2004 sont vides et des seringues souillées jonchent le parvis. Le temps a fait des ravages.

Mais voilà que le gouvernement du Québec investira 17 millions de dollars afin de transformer la bibliothèque Saint-Sulpice en un « espace éducatif pour les jeunes et un laboratoire d'incubation ». En clair, on y aménagera une bibliothèque consacrée exclusivement aux adolescents, avec des équipements numériques à la fine pointe de la technologie.

Au sous-sol, on prévoit construire un centre de développement ultramoderne, qui permettra par exemple aux jeunes de créer des prototypes.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a promis que l'endroit serait ouvert au public dès 2017. Une fois les travaux terminés, les coûts d'exploitation, estimés à 1,6 million de dollars, seront partagés entre le ministère de la Culture et la Ville de Montréal.

Sauver le patrimoine d'abord

En mai, le gouvernement du Québec avait mis en vente la bibliothèque sans avertir. Les critiques avaient fusé, notamment parce que le bâtiment est classé patrimoine historique depuis 1998. C'est le maire Denis Coderre qui avait offert sa collaboration, afin de sauver l'édifice.

La ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, soutient que les précédents gouvernements n'avaient pas trouvé d'autre solution. « On n'avait pas durant les 10 dernières années la même volonté de trouver une solution en collaboration avec la Ville de Montréal, a-t-elle dit. Mais ça me fait un grand plaisir qu'on ait réussi à sauver la bibliothèque. »

Pour Héritage Montréal, il s'agit d'un pas dans la bonne direction. « Ce bâtiment va retrouver vie et quelqu'un va s'en occuper. On ne pourra pas dire que c'est une beauté endormie », a déclaré le porte-parole de l'organisation, Dinu Bombaru.

Ramener les jeunes dans les bibliothèques

Pour Bibliothèques et Archives nationales du Québec, qui gérera la bibliothèque au quotidien, le défi sera maintenant d'attirer les jeunes. Sa présidente, Christiane Barbe, promet de séduire les adolescents.

« On va les attirer en leur permettant d'avoir accès à une technologie de pointe, à des instruments et des outils informatiques qu'ils n'ont pas à la maison, affirme-t-elle. C'est un projet qui va nous permettre de contrer le décrochage scolaire et de favoriser l'intégration des jeunes arrivants. »

De nobles intentions, certes, mais le travail à accomplir d'ici l'an prochain est colossal. La bibliothèque est empoussiérée et des actes de vandalisme l'ont abîmée au cours des dernières années. Un grand ménage s'impose avant que les jeunes puissent commencer à y innover.

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