Aux prises avec un problème d'agrile du frêne, l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce a trouvé un moyen original de donner une deuxième vie aux arbres touchés par la maladie. Le bois est transformé en mobilier urbain et même en bateau à voile.

L'an dernier, l'arrondissement a dû abattre 277 frênes, un nombre qui devrait être encore plus élevé cette année.

Récemment, il s'est associé à l'organisme sans but lucratif Jeunes marins urbains, fondé cette année, auquel il fournit des planches de bois recyclé pour la construction d'un bateau à voile de 25 pieds.

Le directeur général de Jeunes Marins Urbains, Yves Plante, également navigateur, est reconnaissant de la contribution de la Ville.

M. Plante souligne que la construction du bateau est en soi un outil de rapprochement social. De nombreux citoyens « qui ne se croiseraient jamais » autrement viennent aider, explique-t-il.

Un travail de collaboration

Son organisme bénéficie en outre de la collaboration de l'entreprise familiale Goodfellow, qui sèche le frêne et en fait des planches. L'entreprise a accepté de le faire gratuitement, un geste dont profite également l'arrondissement. 

Par le passé, se départir des frênes a coûté 30 000 $ à l'arrondissement. Les recycler représente pour elle une économie non négligeable.

Le conseiller du district de Darlington, dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Lionel Perez, se réjouit de cette revalorisation des arbres coupés, qui seront « utilisés sur un navire qui va être pour des décennies sur le fleuve Saint-Laurent »

Le prototype de bateau en frêne montréalais, qui pourrait s'appeler « Coeur de frêne », devrait être mis à l'eau d'ici la fin du mois dans le bassin La Prairie.

D'autres utilités aux arbres coupés

L'arrondissement transforme également les arbres abattus en mobilier urbain, par exemple des bancs de parc et des boîtes à suggestions dans les jardins communautaires.

Une partie du bois recyclé est aussi vendue sous forme de copeaux, de planches et de troncs.

La Ville de Montréal précise que les sommes provenant des ventes de bois pourront être allouées à des traitements préventifs contre l'agrile du frêne.

Avec des informations de Marc Verreault et Ève Couture

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