Les meneurs du Canadien de Montréal attendaient dans le vestiaire pour expliquer l'élimination rapide aux mains des Rangers, samedi. Max Pacioretty, Alexander Radulov, Shea Weber, Brendan Gallagher et Carey Price partageaient le même sentiment : le Tricolore a perdu une belle occasion.

Un texte d’Alexandre Gascon

Gallagher, les larmes aux yeux, la casquette vissée sur la tête dans le vestiaire des visiteurs au Madison Square Garden, cherchait des explications.

« Quand les séries ont commencé, j’avais l’impression que c’était la meilleure chance qu’on avait depuis que je suis arrivé ici », s’est-il exclamé.

Il n’était pas le seul. Ses coéquipiers n’en pensaient pas moins.

« Je suis vraiment déçu, a confié Pacioretty. Nous avons une belle équipe ici. Nous avions une belle occasion, une belle occasion ratée. Maintenant, il faut gérer cette adversité, en équipe et individuellement. En espérant qu’on en sortira meilleurs. »

« Ce n’est pas facile de se rendre en séries, la route est ardue. Il y a plusieurs gars qui ne s’y étaient jamais rendus avant. Plus tu vieillis, plus tu te rends compte que tu n’auras peut-être pas tant d’occasions », a ajouté Weber.

« Ç’a été une série très serrée, on a qu’à regarder le pointage, des matchs d’un but. On s’est butés à un gardien qui était à point. Il a été excellent pour son équipe et on a eu beaucoup de difficultés à marquer des buts, ç’a fait la grosse différence », a analysé Claude Julien.

Le directeur général Marc Bergevin a procédé à des changements majeurs après la campagne plus que décevante de l’année dernière.

L’arrivée de Weber, un meneur d’hommes hors pair, l’ajout de Radulov, un attaquant explosif, l’acquisition de poids et d’expérience en Dwight King et Andreas Martinsen, tous ces éléments combinés à un gardien de but au faîte de sa carrière permettaient à plus d’un de rêver d’un long printemps.

Nombre d’experts avaient choisi le CH pour l’emporter dans cette série, difficilement certes, mais victorieux quand même.

« La différence, ce sont les erreurs. Au bout du compte, c’est à qui fera le moins d’erreurs. Nous en avons fait plus qu’eux, et ça nous a coûté la série », a estimé Radulov.

Le parcours du Canadien semblait ouvert avec un deuxième tour contre les Bruins de Boston ou les Sénateurs d’Ottawa. Ce sont maintenant les Rangers qui tenteront de profiter de cette brèche, eux qui ont éliminé le Canadien pour la seconde fois en quatre saisons.

Incurie offensive

Au bout du compte, c’est Radulov qui a le mieux résumé le problème du Canadien pendant cette série. « C’est difficile de gagner un match quand tu ne comptes pas », a lancé le Russe de 30 ans.

Rien de plus évident, mais rien de plus vrai.

« Peut-être faut-il arrêter d’essayer le beau jeu et simplement aller devant le filet pour saisir les rebonds », a-t-il ajouté, lui aussi à court de solutions.

Le Canadien a touché la cible seulement 11 fois en 6 matchs. Ce n’est qu’un but de moins que les Rangers, qui en ont en plus réussi deux dans un filet désert, mais ils étaient simplement moins opportuns.

L’entraîneur Claude Julien a identifié les mêmes lacunes. Il y a vu aussi un peu de malchance. « On a affronté un gardien qui a été sans l’ombre d’un doute leur meilleur joueur. On a probablement eu plus de chances de marquer que l’autre équipe, mais ils ont profité des leurs plus que nous. »

Les chiffres d’Henrik Lundqvist ne mentent pas. Le gardien suédois a affiché une moyenne de but accordé par rencontre de 1,70, un pourcentage d’efficacité de ,947 et a aussi signé un blanchissage.

Il a paru chancelant et un brin nerveux lors du premier, voire des deux premiers matchs à Montréal en permettant de nombreux retours de lancers, mais le Canadien ne lui en a pas fait payer le prix et Lundqvist a pris confiance.

Force est d’admettre qu’il a eu l'avantage sur son rival masqué.

« On s'est butés à un gardien qui était à point, il était excellent pour son équipe et on a eu de la difficulté », a avoué le pilote du CH.

Carey Price a présenté d’excellentes statistiques également, soit 1,86 but accordé par match et un pourcentage d’arrêts de ,933, mais la colonne la plus importante est celle des victoires et il n’en a eu que deux.

Le premier but qu'il a permis lors du sixième duel qui, selon ses standards d’excellence était un peu faible, aura porté un dur coup au moral de ses coéquipiers qui l’avaient dans les talons par la suite.

« Je suis déçu de ne pas avoir réussi les arrêts clés au moment où il le fallait », a lancé le gardien du Canadien. [La différence, ce sont] des occasions manquées, un peu de malchance et des arrêts opportuns [de Lundqvist]. »

Le capitaine fait face à la tempête

Il a beaucoup été question de Pacioretty durant cette série. Le capitaine a obtenu de nombreuses chances de marquer, mais il n'a totalisé qu’une passe en six matchs. Il a été le premier à assumer ses responsabilités.

« Mon travail est de profiter de mes occasions, et je ne l'ai pas fait. Je prends l'entière responsabilité pour ne pas avoir marqué pendant la série. Mais les chances étaient là », a expliqué l’Américain de 28 ans.

Julien a d’ailleurs choisi de ne pas défendre outre mesure son capitaine lorsqu’on l’a mis au parfum de la déclaration du no 67. « C’est un capitaine qui prend ses responsabilités », s'est-il contenté de répondre, les lèvres pincées.

Le Canadien dressera un premier bilan dans les prochains jours.

Plusieurs questions demeurent sans réponse sur cette équipe qui a été capable du meilleur comme du pire cette saison.

De son côté, l'entraîneur des Rangers Alain Vigneault avait dit au début de la série que Claude Julien lui en devait une, en référence à la défaite de ses Canucks en finale contre les Bruins de Julien en 2011.

Bien malgré lui, l'entraîneur du Tricolore s’est acquitté de sa dette.

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