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Une plateforme pour suivre l’intégration en logement des itinérants

Le public et les organismes d'aide aux sans-abri pourront maintenant suivre en temps réel l'intégration en logement de personnes itinérantes à Montréal grâce à une plateforme numérique en ligne baptisée 2000SOLUTIONS.

Un texte de Bruno Coulombe

Ce nouvel outil sera dévoilé en après-midi, lors d’une conférence de presse donnée par le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal (MMFIM). L’initiative s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet visant à sortir 2000 sans-abri de la rue d’ici 2020.

La plateforme 2000SOLUTIONS permettra de connaître en temps réel le nombre d’itinérants qui ont obtenu un appartement, en plus de fournir des données sur le profil de ces personnes, leur stabilité en logement ou leur inclusion sociale. Elle présentera également des témoignages de participants ayant accepté de raconter leur parcours, certains de façon anonyme, mais d’autres à visage découvert.

Avec cette plateforme, le directeur général du MMFIM, James McGregor, souhaite montrer qu’il est possible de changer les trajectoires de vie de personnes en situation d’itinérance chronique, dont plusieurs souffrent de problèmes de santé mentale ou de dépendance.

« Le premier message est que, oui, il y a des solutions à l’itinérance et même l’itinérance chronique. Il faut mettre les bonnes ressources aux bons endroits, mais c’est possible et c’est parfaitement faisable d’atteindre l’objectif de 2000 personnes logées en 2020 », explique-t-il.

Une cible ambitieuse pour 2020

La campagne pour tenter de sortir 2000 sans-abri de la rue à Montréal d’ici 2020 fait suite au dénombrement réalisé dans la nuit du 24 mars 2015 qui avait permis de calculer que 3016 personnes se trouvaient en situation d’itinérance à ce moment-là dans la métropole.

Elle se base sur une approche dite du « Logement d’abord », qui consiste à trouver d’abord un appartement aux sans-abri, pour ensuite leur offrir un soutien psychosocial avec accompagnement d’un organisme.

Cette approche ne fait pas l’unanimité dans le milieu de la lutte contre l’itinérance. Certains groupes communautaires estiment en effet qu’une telle stratégie omet tout le volet prévention en se concentrant uniquement sur l’itinérance dite chronique.

Ils souhaiteraient aussi que l’argent serve à bâtir des logements sociaux, et non à payer des suppléments au loyer à des partenaires privés.

Mais James McGregor estime que l’approche a fait ses preuves. « C’est un peu contre-intuitif par rapport aux anciennes façons de faire parce qu’on prend des personnes qui acceptent d’être accompagnées et on leur offre un logement tout de suite, sans condition, donc sans juger quoi que ce soit par rapport aux problématiques qu’elles doivent vivre et régler », dit-il.

Des résultats quantifiés?

En août 2016, un premier décompte indiquait qu’environ 250 itinérants avaient pu obtenir un logement dans le cadre de la première phase du projet.

Comme la plateforme n’a pas encore été officiellement lancée, le MMFIM se garde toutefois de dire où il en est maintenant dans l’atteinte de son objectif, même si James McGregor assure que les choses progressent bien.

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