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Une quatrième saison pour les apprentis apiculteurs de l'Accueil Bonneau

Changement de vie, intégration sociale, apprentissage, le programme d'apprentis apiculteurs de l'Accueil Bonneau et de l'entreprise Alvéole, qui en est à sa quatrième année, ne fait pas que produire du miel. Il offre un autre chemin pour sortir de la rue.

Un reportage de Cendrix Bouchard et Marc Verreault

Chaque année, une dizaine de personnes en situation d’itinérance ou en réinsertion, surtout des hommes de 25 ans et plus, sont formées pour s’occuper d’une soixantaine de ruches sur plusieurs toits du Grand Montréal, dont celui de l’Accueil Bonneau.

« Ça crée une économie circulaire, dans la mesure où les gars participent à l’environnement, participent à un bien-être, ensuite […] le miel qui est produit revient à la société », résume Étienne Lapierre, le cofondateur d’Alvéole, spécialisée en apiculture urbaine.

Pour la directrice des communications et des projets spéciaux de l’Accueil Bonneau, Geneviève Kieffer Després, l’expérience permet à certains de retrouver un intérêt pour la vie, par une activité bénéfique. « C'est des gestes concrets et ça leur permet de voir rapidement ce qu'ils font, explique-t-elle. Les abeilles sont essentielles à notre survie, et de participer à ça, pour eux, c'est très valorisant. »

Au fil des ans, on donne aux bénéficiaires de nouvelles responsabilités, au-delà de la production et de la récolte, comme la mise en pots du miel et, depuis l'an dernier, la mise en marché et même la vente du produit final.

Mme Kieffer Després a raconté à CBC l’histoire d’un homme qui a vaincu sa gêne par la vente du miel récolté : « Nous avons commencé à vendre du miel au début d’octobre, et en novembre, il était celui qui allait vers les gens pour leur dire ‘venez à notre étal, venez essayer le miel’. Un changement incroyable, je voyais ce genre de transformations tous les jours. »

Mario Brodeur témoigne de l’impact du projet sur sa propre vie. « Ça enlève mon style de vie, je prends un autre style de vie, pour rentrer dans la société, parce qu’avant, moi, j'bummais dans le métro, dit-il. Depuis que je travaille pour le Miel à Bonneau, ils m'ont trouvé un appartement. Avant, je couchais dehors, dans le parc, je me promenais. »

Un partenariat avec les épiceries Metro permet la distribution du « Miel à Bonneau ». Les 1200 kilos récoltés cette année seront disponibles à compter d’octobre. Les profits de la vente sont versés à l’organisme d’aide aux personnes sans-abri.

Mathieu Riendeau, propriétaire du Metro Plus de Sainte-Julie, n'a pas eu à réfléchir une seconde avant de participer à ce projet et d’installer des ruches sur le toit de son épicerie. Il aimerait aujourd'hui voir d'autres commerces, et même d'autres bannières, emboîter le pas. « C'est un produit qui se vend bien, c'est un produit dont il faut expliquer l'implication de tout le projet et à quel point il est porteur. Il faut que les gens comprennent qu'ils font un don à travers le prix de détail du produit », dit-il.De nombreux artisans culinaires de Montréal utilisent également le Miel à Bonneau dans leurs créations.

L’Accueil Bonneau sert 800 repas par jour et offre un logement à 165 personnes.

Avec des informations de CBC

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