Le cirque de la World Wrestling Entertainment (WWE), la principale ligue de lutte professionnelle de la planète, débarque à Montréal pour présenter deux galas, au Centre Bell. Le favori de la foule, le Québécois Kevin Owens, s'attend à une soirée bien spéciale pour son retour à la maison, lundi soir.

Débarqué de l’avion à 3 h (HAE), ce matin, Kevin Owens n’a eu que quelques heures pour se reposer avant de faire la tournée des médias pour discuter du gala RAW, présenté lundi soir, au Centre Bell.

Kevin Owens, de son vrai nom Kevin Steen, est une des vedettes les plus en vue dans l’univers de la lutte professionnelle. Content d’être enfin de retour à la maison, il est impatient de pouvoir monter dans le ring sous les encouragements d’un public conquis d’avance.

« C’est toujours spécial d’être à Montréal, devant la foule en direct, mais j’ai quand même une job à faire. Je joue mon rôle comme je suis supposé le faire, mais ça ne sera jamais banal d’avoir la chance de performer au Centre Bell, surtout ce soir, avec un gala télévisé. »

En mars 2017, Kevin Owens a eu l’occasion de partager le ring avec son ami Sami Zayn, lui aussi originaire du Québec, lors du combat principal d’un gala présenté au Centre Bell. À la toute fin du combat, lors d'un échange entre les deux hommes, Owens a eu du mal à contenir ses larmes.

Cette fois, l’événement sera télévisé, ce qui est rare pour un gala présenté à Montréal. Un changement majeur pour le lutteur surnommé « KO », qui aura la chance de se battre devant des millions de téléspectateurs.

Sans connaître le scénario de ce soir, il s’attend à ce que Zayn et lui connaissent une belle soirée.

« J’ai fait des galas non télévisés au Centre Bell, et c’était toujours quelque chose. Juste à en parler, j’ai la chair de poule. Ça fait trois ans que la foule attend un gala télévisé (…) donc même si on ne sait pas ce qu’on fait ce soir, ça va être un moment spécial et j’ai vraiment hâte. »

Un passage controversé en Arabie Saoudite

Kevin Owens et la WWE reviennent tout juste d’Arabie saoudite, où ils se sont produits devant plus de 60 000 spectateurs, au stade international du roi Abdallah, le 27 avril. Ce dernier a été surpris par la ferveur de la foule présente.

« C’était quelque chose de voir à quel point ils ont suivi la lutte pendant toutes ces années. Il y a beaucoup de gens que j’ai rencontrés qui disaient que ça faisait 20 ans qu’ils attendaient un événement de cette envergure-là en Arabie saoudite, et ils n’auraient jamais pensé que ç’aurait pu se concrétiser un jour. »

Une controverse a toutefois entaché le passage de la WWE au Moyen-Orient. Les dirigeants saoudiens ont refusé que des lutteuses se produisent sur scène. Une demande acceptée par la WWE sous prétexte de vouloir respecter les normes et la culture de son hôte.

Kevin Owens a défendu le point de vue de ses patrons.

« Je pense que c’est quelque chose que la WWE prend très sérieusement, affirme-t-il. Selon ce que moi je comprends, les dirigeants de la WWE veulent amener le progrès là-bas. Qui sait ce qui peut arriver à ce point-là, ce que ça peut inspirer chez les petites filles qui sont aux galas et qui regardent les femmes performer comme les hommes le font? »

Une vie rêvée

Âgé de 33 ans, Owens a galéré plus de 10 ans dans les circuits indépendants au Canada et aux États-Unis, à se battre souvent gratuitement dans l’espoir d’attirer l’attention des dirigeants de la WWE.

Ce n’est qu’en 2014 que le grand patron de la WWE, Vince McMahon, lui fera signer son premier contrat. Depuis, il passe la majorité de son temps sur la route, loin de ses proches.

« Depuis que j’ai fondé une famille, c’est beaucoup plus dur de partir, mais c’est un sacrifice que j’accepte parce que c’est une carrière extraordinaire. C’est une façon vraiment spéciale de gagner sa vie. Ce n’est pas toujours facile, mais quand j’étais le kid de 11 ou 12 ans qui rêvait d’être dans la WWE, c’est tout ce que je voulais. Je ne suis pas déçu d’avoir accompli mon rêve. »

Vendredi, le père de deux enfants sera en action au New Jersey, puis à New York, le lendemain. La semaine suivante, il s'envole pour deux semaines de spectacles en Europe.

Malgré ces innombrables heures de voyagement, Kevin Owens accepte de sacrifier sa vie familiale pour se battre dans les plus grands amphithéâtres du monde et vivre son rêve.

Il a récemment signé une prolongation de contrat de cinq ans avec le géant du monde de la lutte. Une lucrative entente qui lui permettra d'atteindre un des principaux objectifs qu’il s’est fixés, soit d’assurer la santé financière de sa famille.

« Je veux pouvoir faire des économies, pouvoir donner à ma famille tout ce qu’elle mérite. Je veux m’assurer que mes enfants, ma femme et mes parents vont avoir une bonne vie grâce aux sacrifices qu’ils ont faits pour que je puisse réaliser mon rêve. »

Selon le site américain Forbes, Owens aurait touché près de 2 millions de dollars américains en 2017. Ce montant inclut son salaire, mais aussi un pourcentage des profits dégagés par son employeur et de la vente de produits dérivés le représentant.

Sans savoir ce que l’avenir lui réserve, le lutteur surnommé KO souhaite pouvoir divertir les gens le plus longtemps possible. C’est ce qu’il a la chance de faire, lundi soir, à la maison. Toutefois, les retrouvailles seront de courte durée.

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