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Une soixantaine de CPE en grève demain dans le Grand Montréal

Les 1300 employées oeuvrant dans une soixantaine de centres de la petite enfance (CPE) de Montréal et de Laval tiendront une autre journée de grève jeudi. Elles en profiteront pour participer à une assemblée générale extraordinaire de leur syndicat, qui souhaite obtenir un mandat de grève générale illimitée.

C'est l'association patronale nationale des centres de la petite enfance (APNCPE) qui a averti les parents de cette nouvelle journée de grève, en fin de semaine. Environ 3000 enfants seront touchés.

Cette journée de grève, jeudi, sera la quatrième d'une banque de six jours votée en assemblée générale le 9 septembre dernier. Elle touchera 55 des 107 CPE affiliés à la CSN sur l'île de Montréal et à Laval, selon la plus récente liste fournie par la centrale syndicale.

La première journée de grève a été observée le 30 octobre pour permettre aux syndiquées de participer à un grand rassemblement dans le Quartier des spectacles, à Montréal, tandis que d'autres manifestations se déroulaient au même moment dans d'autres villes du Québec.

Les deux autres jours de grève ont eu lieu le mois dernier. Le 18 avril, les syndiquées avaient fait du piquetage près de la station de métro Pie-IX avant de se rendre devant les bureaux de l'association patronale régionale, situés à proximité. Puis, le lendemain, elles s'étaient rendues à Magog rejoindre leurs collègues de l'Estrie, de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour manifester devant un CPE géré par la présidence de l'APNCPE.

Les syndiquées sont membres du Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal et Laval, affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN. Elles sont éducatrices, cuisinières, employées de bureau, etc.

Elles ont maille à partir avec l'APNCPE, qui n'a pas entériné l'entente intervenue en novembre entre les syndicats et le ministère de la Famille.

Un « moyen de pression ultime »

Sur sa page Facebook, le syndicat explique que la journée de jeudi servira notamment à voter une proposition du comité de négociation, qui souhaite obtenir un mandat de grève générale illimitée « qui sera utilisé au moment jugé opportun ».

« Nous voulons une entente satisfaisante rapidement », résume une représentante dans la vidéo, précisant que les journées de mobilisation des 18 et 19 avril derniers ont fait avancer les négociations, mais que les nouveaux textes proposés par l'employeur, notamment concernant la rétroactivité, sont encore « en dessous de ce que [les syndiquées] méritent ».

La convention collective qui lie les deux parties est échue depuis le 31 mars 2015.

L'association patronale demeure de son côté optimiste. Dans sa lettre envoyée aux parents en fin de semaine, elle écrit : « Nous osons espérer que cette menace ne se concrétisera pas, surtout que nous avons déjà couvert environ les deux tiers de la convention collective, et ce, en quelques semaines seulement de négociation. »

« Comme nous avons ajouté de nouvelles dates et même des soirées au calendrier de négociation déjà bien rempli d'ici la fin juin (17 jours et 6 soirées), il n'y a aucune raison d'exercer ce moyen de pression ultime, ajoute l'association. Les rencontres permettent des échanges constructifs et la négociation avance à un bon rythme. Dans ce contexte, nous considérons injustifié de priver les parents de nos services pour qui les impacts sont majeurs. »

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