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Une surveillance citoyenne sur une piste cyclable de Longueuil

La sécurité sur la piste cyclable de Longueuil où avait été retrouvé le corps de la jeune Jenique Dalcourt il y a deux ans suscite de nouveau des inquiétudes. Des résidents ont décidé de mener leurs propres rondes de surveillance le soir à la suite de l'agression au couteau d'un adolescent de 13 ans vendredi soir dernier, peu après l'heure du souper.

C'est sur la même piste cyclable et à un kilomètre de l'endroit où Jenique Dalcourt a été assassinée en octobre 2014 que le fils d'Emmanuelle Roy s'est fait voler à la pointe d'un couteau.

Le garçon de 13 ans se rendait chez un ami tout près de sa résidence lorsqu'il a été surpris par deux jeunes adultes qui lui ont ordonné de leur remettre son argent et son iPod. « Ils lui ont dit : "fais ton code sur ton iPod. On veut savoir c'est quoi ton code" », raconte Emmanuelle Roy.

« Il était tellement énervé avec le stress qu'il s'est trompé. C'est à ce moment-là qu'ils lui ont mis un couteau sous la gorge et lui ont dit : "tu nous niaises pas". »

Son fils a réussi à s'en sortir et a trouvé refuge chez son ami, d'où la police a été contactée.

Surveillance des citoyens

Des résidents du quartier ont réagi immédiatement après avoir appris la nouvelle de cette agression en décidant de mener leurs propres rondes de surveillance. Malgré le froid mordant, ils ont effectué une première tournée lundi soir, lampes de poche à la main.

« Tous les soirs, nous allons essayer de partir deux, trois ou quatre voisins et aller marcher », explique Pierre Guitard, un résident du quartier qui fait partie du groupe de résidents. « C'est assurer une présence et une forme de dissuasion. C'est pour voir si tout est correct. Et si jamais nous sommes témoins de quelque chose, on prend le cellulaire et on appelle. »

Je n'ai pas envie que cet endroit devienne un endroit de peur. Je n'ai pas envie qu'on se laisse avoir par la peur.

Emmanuelle Roy, mère de l'adolescent agressé

Les résidents réclament des améliorations à la sécurité sur cette portion de la piste cyclable qui traverse un quartier paisible. « C'est un endroit où nous sommes plusieurs femmes qui courons ou marchons. C'est un endroit de vie », lance Emmanuelle Roy. « Je n'ai pas envie que cet endroit devienne un endroit de peur. Je n'ai pas envie qu'on se laisse avoir par la peur. Un vol, ça aurait pu passer. Mais de la façon dont ça s'est fait, c'est inacceptable. »

Pas de problèmes de criminalité

Le Service de police de l'agglomération de Longueuil a ouvert une enquête sur l'agression de l'adolescent. Sa porte-parole Mélanie Mercille tente de se faire rassurante sur la sécurité dans cette partie de la piste cyclable rendue tristement célèbre par le meurtre de Jenique Dalcourt. « Ce n'est pas un endroit qui est dangereux », affirme Mélanie Mercille. « Il n'y a pas de problématiques de criminalité à cet endroit précis. Il y a une surveillance policière qui va être accrue et sera effective pour un certain temps. »

La mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, préfère réserver ses commentaires. Mais par la voix de son attachée de presse, Alexandra Bélisle, elle indique prendre l'affaire au sérieux et souhaite voir la sécurité améliorée sur cette piste cyclable. « C'est sûr que c'est très dommage que plusieurs incidents reviennent au même endroit », précise-t-elle. « C'est sûr que nous sommes préoccupés et nous allons améliorer la sécurité dans les plus brefs délais. »

Les deux suspects dans cette histoire, deux jeunes adultes, courent toujours.

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