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Une synagogue de Montréal veut accueillir des réfugiés syriens

Les membres d'une synagogue de Montréal se mobilisent pour recueillir des fonds dans le but d'accueillir au moins une famille de réfugiés syriens. En trois jours, ils ont réussi à récolter plusieurs milliers de dollars, nécessaires pour commencer le processus.

Un reportage de Bahador Zabihiyan

« Comme juif nous connaissons ce que c'est lorsque l'on n'a pas une place, lorsque nous n'avons pas d'aide », dit la femme rabbin Lisa Grushcow.

La femme rabbin, qui est à la tête du temple Emanu-El-Beth-Sholom à Westmount, a été bouleversée lorsqu'elle a vu les images du petit Alan Kurdi, un enfant syrien, mort sur une plage grecque alors que sa famille avait fui la Syrie et tentait de trouver une terre d'accueil.

« C'est terrible, moi je suis une rabbin et je suis aussi une mère, je pense au désespoir de ces familles [...] On ne peut pas voir ça et faire rien », dit-elle.

Récemment, un membre de la communauté, tout aussi bouleversé, lui a proposé de créer un groupe de travail pour permettre à la synagogue de parrainer une famille de réfugiés syriens.

« J'ai pensé immédiatement qu'il faut que nous le fassions », affirme-t-elle.

Et la religion des personnes que la synagogue veut aider n'a aucune importance. « La question de la religion, c'est la question de ce que nous faisions comme communauté religieuse, ce qu'est notre obligation. Et notre obligation c'est d'aider », dit-elle.

L'avocat David Berger, dont la mère a elle-même été une réfugiée lors de la Seconde Guerre mondiale, s'est impliqué dans le projet.

« Nous devons nous qualifier auprès du gouvernement du Québec, il y a bien entendu un certain travail légal à faire », indique-t-il. La communauté doit aussi avoir environ 25 000 $ pour prouver aux autorités qu'elle peut subvenir aux besoins d'une famille de réfugiés. En trois jours, presque 20 000 $ de dons ont été recueillis. Ce qui fait dire à la femme rabbin qu'une seconde famille pourrait être aidée.

La famille syrienne n'a pas encore été choisie, mais plusieurs Montréalais d'origine syrienne ont contacté la synagogue pour demander si la communauté pouvait les aider à faire venir leur proche.

« Peut-être que notre tâche la plus difficile sera de choisir une ou deux familles à parrainer et peut-être malheureusement dire à d'autres personnes que nous n'avons pas les ressources pour les aider », estime Me Berger.

Pour en savoir plus sur le projet du temple Emanu-El-Beth Sholom, cliquez-ici

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