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UZEB effectue son grand retour ce soir, 25 ans plus tard

Après avoir joué devant 100 000 spectateurs lors d'un concert d'adieu au Festival international de jazz de Montréal (FIJM) en 1992, le groupe de jazz québécois UZEB revient sous les feux des projecteurs 25 ans plus tard, ce soir, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts.

Quelques heures avant le concert, Alain Caron (basse), Paul Cusson (guitare) et Paul Brochu (batterie) se sont dit « fébriles » et « surtout excités de retrouver le public qui a été fidèle et qui s’est présenté, parce qu’on a presque vendu tous les billets en quelques mois », précise Alain Caron.

Le groupe s’était séparé sans réelles acrimonies, mais plutôt dans un but de recherche de liberté individuelle. « Un groupe, c’est un équilibre de compromis. Alors, on avait envie d’être 100 % nous-mêmes en tant que compositeurs et en tant que réalisateurs de nos propres projets », explique Alain Caron.

Cette séparation devait être temporaire, mais elle s’est sérieusement prolongée, précise Paul Brochu.

Vers le retour

Le trio a repris les rencontres musicales l’an dernier, mais il était resté en contact durant cette longue pause. « Depuis deux ans, c’est devenu un peu plus sérieux, parce que justement on s’est dit "Ça va faire 25 ans, si on ne le fait pas là, on le fera certainement jamais" », raconte Alain Caron.

La chimie entre Cusson, Caron et Brochu a repris instantanément, raconte le guitariste d’UZEB : « Le triangle, c’est prouvé, il y a comme une dynamique spéciale. Alors, la chimie UZEB, après 15 minutes de répétition, après 25 ans, était déjà là. On a toujours eu cette communication-là, sans se dire un mot. »

UZEB 2.0

C’est de cette manière qu’Alain Caron qualifie le concert que le trio donnera jeudi. « Après 25 ans, on a tous évolué. […] On est tous plus matures, donc nos expériences de 25 ans transpireront dans la musique qu’on va faire. »

Bien sûr, les trois musiciens promettent « des nouveaux trucs », en plus d’interpréter les œuvres qui leur ont permis de présenter des concerts dans 22 pays au cours de leur carrière. « En France seulement, on a fait une centaine de villes, 500 à 600 concerts », se rappelle Michel Cusson, qui croit que leur musique « se transmet d’une génération à l’autre », et qu’elle « toujours d’actualité ».

Pour recommencer à jouer ensemble, le trio a dû « revenir à la mentalité d’un groupe, c’est-à-dire aux compromis. […] C’était le plus gros défi, mais on y arrive, on est des adultes », dit Alain Caron.

Durant les années 80, UZEB était renommé certes pour la virtuosité musicale de ses musiciens, mais aussi pour son utilisation de la technologie, qui a d'ailleurs façonné le jazz fusion de l'époque. « Ce sont des outils qu’il faut maîtriser. Le principal avec ça, c’est de favoriser des émotions », précise le guitariste Michel Cusson. Les vieilles machines ont été vendues à l’encan, on rénove le son, mais la musique sur papier est encore là et elle tient toujours. »

La suite des choses

Après le concert au 38e Festival de jazz de Montréal jeudi, le groupe saute l’avion pour Paris dès vendredi. Il se rendra ensuite à Toulouse et à Bordeaux, avant de mettre le cap en Israël et en Italie.

UZEB reviendra par la suite au Québec afin de livrer une dizaine de concerts, du 5 août au 17 septembre.

Pour le moment, aucun projet d’album ne figure dans les plans des musiciens, mais Paul Brochu précise que tous les concerts seront enregistrés.

Que les admirateurs du groupe, les anciens qui les retrouveront et les nouveaux qui les découvriront, se croisent les doigts.

Avec les informations de Valérie-Micaela Bain

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