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Vague de surdoses liées au fentanyl à Montréal

Au moins sept surdoses liées au fentanyl ont été rapportées dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Les enquêteurs ont déterminé que les substances responsables provenaient toutes du même réseau de narcotrafiquants, et que du fentanyl se serait probablement retrouvé dans les drogues consommées.

Heureusement, aucun décès n’a été rapporté.

Les enquêteurs du centre d’enquêtes Est relié aux crimes de violence se sont immédiatement réunis pour identifier la provenance de la drogue.

« Pour nous, le plus important était d’agir rapidement pour sortir cette drogue de la rue », a indiqué le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Manuel Couture.

Le soir même, les policiers ont procédé à quatre perquisitions dans deux appartements et deux voitures de Montréal.

Ils y ont entre autres trouvé 260 grammes d'un mélange d'héroïne et de fentanyl, qu'ils soupçonnent d'être à l'origine des surdoses.

Des comprimés de méthamphétamine, de la marijuana, de la cocaïne, du haschisch, de la kétamine et 2000 dollars en argent comptant ont également été saisis.

M. Couture précise cependant que la nature des substances perquisitionnées n'est pas officiellement confirmée, étant actuellement en cours d'analyse.

Les policiers ont aussi procédé à l'arrestation de quatre hommes et une femme âgés entre 21 et 37 ans.

Tous étaient déjà connus des policiers et ont été accusés de trafic de stupéfiants. Ils ont comparu samedi par vidéo.

Le SPVM est toujours à la recherche d’une sixième personne, un homme de 30 ans.

Trois autres surdoses liées au fentanyl ont été rapportées dans la journée de samedi, qui ne sont toutefois pas liées au même réseau.

Un cocktail mortel

Ce type de mélange extrêmement dangereux est de plus en plus courant, prévient le président de l'organisme SOS Itinérance, Alexandre Paradis.

« C’est mal coupé, c’est mal fait, c’est des laboratoires dans des garages. C’est pour ça qu’on dit aux consommateurs de diminuer leurs doses, parce que tu ne sais pas ce qu’il y a là-dedans », conseille-t-il.

Tous les bénévoles de l'organisme sont formés pour intervenir en cas de surdoses, notamment en administrant du naloxone ou du narcan.

M. Paradis aimerait que ce soit également le cas des policiers et des premiers répondants qui, sans avoir la formation nécessaire, doivent souvent faire appel à SOS Itinérance pour intervenir rapidement.

L'organisme est d'ailleurs intervenu dans quatre des sept cas de surdoses survenues dans la nuit de jeudi à vendredi.

« Des fois l’ambulance peut prendre 15, 20 minutes à venir, nous on est proches, on est dans Hochelaga, ça prend 5 minutes alors ils aiment mieux nous appeler et en attendant l’ambulance on intervient », explique-t-il.

Outre former davantage d'intervenants, il faudrait également augmenter les réserves de naloxone et de narcan disponibles. Actuellement, ces médicaments sont en vente dans seulement trois ou quatre pharmacies sur l'île de Montréal, déplore M. Paradis.

Les vagues de surdoses comme celle de vendredi risquent pourtant de se reproduire, selon lui.

Les ambulanciers ont confirmé à M. Paradis que la quantité de fentanyl circulant dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve avait fortement augmenté dans la dernière semaine.

Ce puissant opioïde a déjà causé des ravages au pays, notamment en Colombie-Britannique.

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