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Valérie Plante veut davantage de « lieux d'expression » à Montréal-Nord

Alors que l'arrondissement de Montréal-Nord a décidé d'abandonner la création d'une murale en l'honneur de Fredy Villanueva, abattu au cours d'une intervention policière le 9 août 2008, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, demande la mise en place d'« espaces d'expression ».

Un texte de Romain Schué

« Moi, ce que je souhaite, c’est qu’on laisse la parole. Il faut qu’il y ait des espaces de parole », a indiqué mardi Valérie Plante, au cours d’un point de presse.

La mairesse de Montréal réagissait à la décision de l’arrondissement de Montréal-Nord, dirigé par l’opposition officielle, de laisser dans les cartons un projet de murale pour honorer Fredy Villanueva, tué à l’âge de 18 ans.

Bien que la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, soutenait une telle demande lorsqu’elle dirigeait un organisme communautaire avant de prendre la tête de la mairie, Montréal-Nord vient plutôt d’opter pour la création d’une place de l’Espoir.

Pour justifier cette décision, Christine Black a évoqué un dossier « très polarisant, très sensible » qui crée « plus de désaccord que d’accord  », malgré les demandes répétées des proches de la famille Villanueva.

Sur la place de l'Espoir, une « capsule temporelle » verra le jour. Les citoyens pourront y déposer, dans une boîte, des messages et des témoignages. Le contenu de cette œuvre sera dévoilé en 2065, pour le 150e anniversaire de l’arrondissement.

Une communauté « touchée » par ce drame

Cette mesure, cependant, n’est pas suffisante, selon Valérie Plante. « Peut-être qu’il en faut plus. Clairement, il y a des populations, il y a des gens qui ont été durement touchés par ce qu’il s’est passé à Montréal-Nord et avec raison », a-t-elle déclaré.

À l’occasion de son premier conseil municipal à titre de mairesse de Montréal, fin novembre 2017, Valérie Plante avait indiqué être en faveur d’une telle murale pour « un jeune homme qui ne méritait pas de mourir ».

Quelques mois plus tard, l’élue a affirmé qu’elle « respecte l’autonomie de l’arrondissement » et ses choix. « C’est important, a-t-elle ajouté. Ce sont eux qui connaissent bien leur milieu. C’est quelque chose que moi, je mets beaucoup en valeur ».

« Garder le contact avec la famille »

Dix ans après ce drame, qui a entraîné une émeute dans Montréal-Nord et la mise en place d’une nouvelle politique pour lutter contre le profilage racial, Valérie Plante enjoint néanmoins aux élus de l’arrondissement d'offrir des « espaces de parole ».

« Et là, ça veut dire de toujours garder le contact avec la famille, avec les communautés qui ont été touchées et qui demandent ces lieux d’expression là. Il faut garder le contact », a-t-elle clamé.

« Les lieux d’expression, c’est une bonne chose, que ce soit dans le cas de Montréal-Nord ou d’autres incidents, des situations difficiles, qui font que des communautés s’affrontent ou vivent un deuil, de la colère, de la douleur, a-t-elle mentionné. Il faut pouvoir passer à autre chose et les espaces d’expression demeurent une bonne façon de le faire. »

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