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Vaudreuil-Dorion, une autre vision de l'intégration

La ville de l'ouest de Montréal a récemment reçu le prix international du Réseau mondial des villes, gouvernements locaux et régionaux, pour son programme de médiation culturelle, nommé Je suis. Le programme permet aux citoyens d'horizons et d'origines différents de mieux se connaître grâce à des activités et qui permet d'éviter la ghettoïsation et le profilage.

« Souvent, on va parler d'intégration des communautés culturelles, on va parler d'intégration des différences à la société. Nous, nous avons plutôt pris l'angle de la mixité, dit le directeur du Service des loisirs et de la culture, Michel Vallée. Il s'agit de créer des activités, des occasions, où les gens, toutes différences confondues, que ce soit sur le plan culturel ou de l'âge [...] peuvent se mêler [les uns aux autres]. Il s'agit de proposer des activités qui permettent aux gens d'échanger et de remarquer la richesse de l'autre. »

Le maire Guy Pilon explique la réussite de sa ville : « Les gens [ailleurs] ont travaillé après que le problème se soit incrusté. Nous, nous travaillons en amont, souligne-t-il. Dès qu'on s'est aperçu de la possibilité qu'il y ait une vague d'immigration [on s'est demandé] : "Comment fait-on pour empêcher que nos citoyens de souche – j'en suis un [...] – ne se sentent plus chez eux?" Ces activités, qui ont été faites en petits groupes ou en grands groupes, ont fait en sorte que ces gens se sont connus. »

C'est le cas de Jasmine Sharma, arrivée à Vaudreuil-Dorion il y a sept ans, qui estime devoir beaucoup au programme.

« Je suis m'a permis de briser l'isolement, raconte la citoyenne dont le père est d'origine indienne. J'ai fait une dépression après [avoir accouché de] ma deuxième fille. Mon médecin et ma psychologue m'ont encouragée à trouver des activités que je pourrais faire avec les enfants pour découvrir ma communauté et me découvrir moi-même. »

« Je suis m'a vraiment permis de me tisser une place dans ma communauté, de sortir des quatre murs de ma maison, d'interagir avec des gens et de développer des amitiés que je n'aurais pas développées sans ce programme », souligne Mme Sharma.

La Ville a quatre personnes à son emploi pour le programme, mais fonctionne avec ses partenaires comme les musées et la chambre de commerce.

L'attractivité aux activités passe par les associations, les écoles, les enfants et les leaders de communauté comme Jasmine Sharma.

« La première année qu’on a souligné la fête des couleurs, une fête indienne, on avait 200 participants, surtout d’origine sud-asiatique. La deuxième édition, on a grimpé à 400 participants et le tiers d'entre eux étaient des Québécois de souche, curieux de la culture indienne et qui ont participé », se rappelle Jasmine Sharma.

À écouter aussi : Médium large

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