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Vaudreuil-Soulanges refuse d'octroyer des permis à Transcanada

Le déversement de pétrole à Prince Albert, en Saskatchewan, ne rassure en rien les élus de la MRC de Vaudreuil-Soulanges. En fait, cette crise confirme, à leurs yeux, que leur décision de ne pas octroyer de permis à Transcanada pour effectuer certains tests dans la rivière des Outaouais en vue d'y construire un pipeline est justifiée et sage.

Un texte de Mélanie Meloche-Holubowski

Appelé Énergie Est, le projet, qui passera par six provinces, vise à convertir un gazoduc existant et à construire un oléoduc, au Québec et au Nouveau-Brunswick, pour transporter le pétrole de l'Ouest canadien vers de nouveaux marchés. Le pipeline devrait notamment traverser la rivière des Outaouais dans Vaudreuil-Soulanges.

En voyant les conséquences du déversement à Prince Albert, Raymond Malo, directeur général adjoint à la MRC de Vaudreuil-Soulanges, se dit heureux que les élus aient imposé des conditions strictes à Transcanada avant que celle-ci puisse commencer des tests et des travaux sur son territoire.

La MRC, qui est responsable des cours d'eau de la région, refuse depuis plusieurs mois d'octroyer un permis qui permettrait à Transcanada de faire certains travaux de reconnaissance dans la rivière des Outaouais. Avant de donner son aval au projet de Transcanada, cette MRC à l'ouest de Montréal veut avoir la certitude que la compagnie a la capacité d'intervenir adéquatement et rapidement pour éviter qu'un incident mineur ne devienne une crise majeure.

« On voit ce qui arrive en Saskatchewan et on voit que ça peut arriver n'importe où et ça ne nous rassure pas. Par contre, on se réconforte de voir qu'on pose les bonnes questions », dit M. Malo.

Vaudreuil-Soulanges ne pliera pas

Plusieurs pipelines traversent déjà la MRC de Vaudreuil-Soulanges et M. Malo explique que plusieurs incidents (déversements, affaissement de route, etc.) au cours des dernières années ont laissé un goût amer dans la bouche des élus de la région. « En plus, il y a eu le projet d'Enbridge juste avant. On n'a jamais donné notre aval (à ce projet) et on a encore des réserves et des questions sans réponses », souligne-t-il.

M. Malo dit que Transcanada n'a pas réussi encore à convaincre les élus de Vaudreuil-Soulanges qu'elle est prête à affronter les pires scénarios.

C'est pourquoi la MRC continuera de refuser l'octroi de permis à Transcanada jusqu'à ce que la compagnie prenne au sérieux les préoccupations des élus municipaux.

Par contre, si les permis ne sont pas octroyés dans les prochaines semaines, Transcanada devra probablement reporter les tests sur la rivière des Outaouais au printemps prochain.

« On ne peut pas faire les tests l'hiver », explique le porte-parole de Transcanada, Jonathan Abecassis, qui ajoute que la compagnie collabore étroitement avec les élus municipaux de la région de Montréal.

Les élus de Vaudreuil-Soulanges demandent à Transcanada de proposer un tracé différent pour le pipeline. « Ils sont fixés à un endroit et ils ne veulent pas changer. Mais est-ce que c'est l'installation la plus sécuritaire? Transcanada ne nous donne pas les réponses », dit M. Malo.

Selon Raymond Malo, construire le pipeline en amont du barrage sur la rivière donnerait plus de temps aux autorités pour colmater une fuite et ainsi éviter de contaminer l'eau potable de dizaines de milliers de personnes. « On pourrait gagner quelques heures d'intervention en cas de déversement », explique M. Malo.

Des relations difficiles avec Transcanada

M. Malo dit que les relations entre la MRC et Transcanada sont difficiles, voire frustrantes.

L'acceptabilité sociale « ne fait pas partie du discours de Transcanada », déplore M. Malo.

Mais M. Malo dit que la majorité des municipalités québécoises s'opposent au projet de Transcanada dans sa forme actuelle. « Ils n'ont pas réussi à convaincre grand monde », fait-il remarquer.

M. Abecassis réplique que Transcanada met tout en œuvre pour répondre aux questions des municipalités.

Une autre rencontre entre la MRC et TransCanada est prévue à la fin du mois d'août et les audiences du BAPE sur le projet d'Énergie Est commenceront cet automne.

Malgré tout, M. Malo continue d'espérer une plus grande transparence de la compagnie. « Peut-être qu'un jour on aura des réponses. C'est à eux de nous convaincre. »

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