La grand-mère de Martin Otis, professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), est morte après s'être fracturé une hanche en tombant. Ce drame a amené M. Otis à faire breveter, la semaine dernière, aux États-Unis, une semelle intelligente capable de détecter et même de prévenir les chutes chez les personnes âgées.

Un texte de Catherine Paradis

Une journée entière du congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS), qui se déroule à Saguenay jusqu’à vendredi, a été consacrée à l’utilisation de la technologie pour améliorer les soins de santé, particulièrement à domicile.

« Le coût direct d’une fracture à la hanche est de 20 000 $. Au Québec, on répertorie jusqu’à 8000 fractures par année », souligne M. Otis.

Avec une semelle électronique, on est en mesure de mieux reconnaître les risques et ainsi de réduire le nombre de chutes chez les personnes âgées, affirme-t-il.

Ce genre d’équipement détecte les signes précurseurs et transmet les informations au personnel de la santé, qui peut intervenir en amont pour prévenir des accidents.

« Les soins à domicile vont exploser avec le vieillissement de la population. Avec les appareils intelligents, c’est possible de suivre le comportement physique [des personnes âgées] aussi bien qu’une personne qui les surveille en temps réel », soutient le directeur technique du centre de recherche du Cégep de Trois-Rivières, Régis Fortin.

M. Fortin est toutefois conscient que de nombreuses personnes âgées peuvent être réticentes à se munir d’un équipement qui les surveillerait constamment.

« Moins les technologies de surveillance sont intrusives, plus elles seront acceptées socialement », pense-t-il.

C’est justement vers là que Tarek Djerafi, professeur en ingénierie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), veut aller en mettant au point des technologies sans fil qui pourraient être installées dans les murs des résidences ou des hôpitaux.

Les données recueillies pourraient aussi être transmises à du personnel médical ou à la famille, par exemple.

M. Djerafi voit l’intégration des technologies sans fil au quotidien comme un passage obligé vers l’avenir. Il admet cependant que la société n’avance pas nécessairement aussi vite.

« Ça diminue l’invasion de la technologie, mais je suis tout à fait d’accord : l’aspect moral est là. Qui va recevoir cette information? C’est la propriété de qui? Pour l’instant, il y a peu de recherches sur les aspects éthiques des nouvelles technologies », ajoute-t-il.

Néanmoins, selon des données présentées au congrès de l’ACFAS, il y aura six fois plus d’objets connectés que de personnes dans le monde d’ici deux ans.

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