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Village des tanneries : le ministre Poëti dément toute démolition « en catimini »

Le ministre des Transports du Québec Robert Poëti dément que le site archéologique du Village des tanneries ait été démoli « en catimini » en fin de semaine, comme le soutiennent des membres de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Montréal.

« Il n'y a rien en catimini », a affirmé celui qui est aussi ministre responsable de la région de Montréal, lors d'une entrevue accordée lundi à l'émission Gravel le matin. Il dénonce une « incompréhension majeure du dossier dans son ensemble. »

Le ministre affirme que le remblaiement du site a en fait commencé mercredi dernier et qu'il est faux de prétendre que le site devait rester intact jusqu'à samedi prochain, comme le soutiennent des opposants.

« On a un mandat, on a un contrat, le consortium KPH a un travail à faire », a poursuivi le ministre des Transports, en soulignant que le détail de l'ensemble des travaux est disponible sur le site Internet du ministère des Transports. « On est tellement transparent », assure-t-il.

Robert Poëti s'en prend notamment à l'un des opposants à la destruction du site, le maire de l'arrondissement Sud-Ouest, Benoît Dorais, qui critique vertement l'approche des autorités dans ce dossier.

« J'ai été très très déçu. J'aurais pensé qu'on nous aurait avertis. Ça n'a pas été le cas », a déploré M. Dorais dans une entrevue à Gravel le matin. Il concède que le MTQ avait déjà annoncé qu'il allait ensevelir le site une fois le travail des archéologues terminé, mais soutient qu'il ne croyait pas que cela se ferait si rapidement.

M. Dorais dit espérer qu'un comité regroupant des représentants des ministères des Transports et de la Culture du Québec et de la Ville de Montréal trouve « des solutions techniques » dans ce dossier. 

Il trouve « incroyable » que le MTQ ait fait valoir que le consortium KPH ait voulu profiter du beau temps pour remblayer les vestiges du 20e siècle qui se trouve sur le site afin de ne pas avoir de retard dans les travaux. 

M. Dorais, réplique Robert Poëti, n'a pas daigné assister à une séance d'information technique qui s'est tenue la semaine dernière, et où « l'ensemble de l'oeuvre » a été expliqué.

Il soutient que Québec a déjà investi 1,6 million de dollars pour s'assurer du bon déroulement des fouilles archéologiques  et qu'il a offert 200 000 $ de plus pour la reconstruction, la reproduction et la conservation » des vestiges retrouvés sur le site.

« La façon dont on le fait, c'est exceptionnel. On donne le temps, l'argent » nécessaire pour les fouilles, plaide-t-il. « On ne continue pas les travaux tant que les archéologues ne nous disent pas que c'est terminé ».

Selon M. Poëti, les critiques de Benoît Dorais pourraient s'expliquer par le fait qu'il songe à se présenter pour le Parti québécois dans la circonscription de Saint-Henri-Sainte-Anne, délaissée par la libérale Marguerite Blais, lors d'élections partielles à venir.

« Il prend ça comme un levier politique. C'est une grave erreur », a lancé le ministre.

Le ministre Poëti répète que ce n'est pas la première fois qu'un site comme celui du Village des tanneries est découvert au Québec, et que son ministère travaille en collaboration avec la présidente de l'Association des archéologues du Québec dans ce dossier.

Il souligne en outre que le maire de Montréal, Denis Coderre, est « tout en fait en accord avec le travail du MTQ ».

La décision du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal de détruire le site archéologique du village des tanneries, annoncée la semaine dernière, a suscité l'indignation des défenseurs du patrimoine.

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