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Vingt artistes et groupes à découvrir au Festival international de jazz de Montréal

Le rituel du festivalier se répète tous les ans. Ce dernier scrute le programme du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) et il repère une poignée d'incontournables. Puis, devant les centaines d'autres concerts proposés en salle ou à l'extérieur, il se demande bien qui aller voir.

Je vais vous faire une confidence : le casse-tête est similaire pour les journalistes spécialisés tant l’offre musicale du FIJM est généreuse et éclectique. Cela s’avère cette année encore avec des artistes provenant de 21 pays qui seront à Montréal du 28 juin au 7 juillet.

Donc, suivez le guide. En fait, consultez plutôt le guide qui suit. Non, on ne vous reparle pas d’artistes très connus (Seal, Herbie Hancock, Ry Cooder, Dave Holland, Brian Blade, Beth Hart) puisque vous avez déjà vos billets pour ces spectacles.

Voici plutôt un parcours potentiel de spectacles d’artistes et de groupes bien plus jeunes, certains méconnus, et de quelques vieux routiers qui ont de nouvelles propositions musicales. La relève? Plus de 90 % des artistes recensés ici sont dans la vingtaine et la trentaine. Des découvertes? En quantité, dans la mesure où vous êtes prêt à plonger dans l’aventure.

Du jazz, de la soul, du R’n’B, du blues et des musiques du monde. De la musique instrumentale ou chantée nappée de cuivres, de cordes, de guitares, de percussions et de claviers par des artistes d’ici et d’ailleurs, présents en salle ou en plein air. Les concerts sont présentés en ordre chronologique. C’est vraiment plus facile à consulter ainsi. Bon festival!

Jeudi 28 juin

Zara McFarlane (Club Jazz Casino de Montréal, 18 h) : Britannique aux racines jamaïcaines, Zara McFarlane verse dans le jazz mâtiné d’effluves soul avec des sonorités de l’hémisphère Sud. Concert idéal pour amorcer le festival à l’extérieur.

Banda Magda (scène Rio Tinto, 20 h et 22 h) : Vous aimez le groupe Snarky Puppy (qui est présent cette année) ou le collectif aux sonorités internationales Pink Martini? Écoutez Vem Morena du groupe américain Banda Magda et tentez de résister.

Guillaume Perret (L’Astral, 22 h) : Si vous raffolez des instrumentistes qui peuvent vous renverser, Guillaume Perret est votre homme. Le son du saxophoniste français est moins robuste que celui de Colin Stetson, disons, mais les compositions de son disque Free peuvent vous envoyer en orbite.

Vendredi 29 juin

Declean O’Donovan (place Heineken, 17 h et 19 h) : Natif du Yukon, l’auteur-compositeur-interprète nous plonge dans un univers d’une autre époque avec son piano délicat et ses mélodies folk.

Boulevards (scène TD, 21 h et 23 h) : Vous vous ennuyez de Prince? Moi aussi. La propension au funk de Jamil Rashad, l’homme derrière Boulevards, peut nous rappeler le musicien de Minneapolis. Il a même filmé le clip de Move and Shout comme si c’était une vidéo des années 1980. « Vintage à l’os », comme chantent Seba et Horg.

Samedi 30 juin

ECHLO (scène Rio Tinto, 20 h et 22 h) : ECHLO, de son vrai nom Chloe Charles, est peut-être plus connue en Europe qu’ici. Excellente occasion de découvrir l’Ontarienne, si ce n’est déjà fait. La chanteuse possède une tessiture magnifique.

Teke Teke (scène du Monde, 22 h) : Si vous vous présentez devant cette scène, vous pourriez reconnaître des musiciens que vous avez vus jouer avec Pawa Up First, Patrick Watson, Boogat et compagnie. Ce qui ne devait être qu’un hommage au légendaire guitariste japonais Takeshi Terauchi est depuis l’an dernier un groupe montréalais de plein droit. Fort original.

Dimanche 1er juillet

Deva Mahal (scène Rio Tinto, 20 h et 22 h) : Grâce à son nom de famille, vous avez déjà compris qu’elle a un lien avec le légendaire Taj Mahal. Il s’agit de sa fille qui vient de lancer un premier disque, Run Deep, aux accents soul et R’n’B.

The Suffers (scène TD, 21 h et 23 h) : Peut-on verser dans le jazz, la soul et le funk quand on est originaire du Texas? Bien sûr. La chanteuse Kam Franklin et ses collègues du groupe The Suffers vont le démontrer.

LowDown Brass Band (Club Jazz Casino de Montréal, 22 h) : Si vous adorez, comme moi, les cuivres dont la facture sonore rappelle La Nouvelle-Orléans, vous allez raffoler de cette bande de musiciens issue de Chicago. Ça va chauffer. À la même heure et au même endroit les 2 et 3 juillet.

Lundi 2 juillet

Delgres (scène Hyundai CBC Radio-Canada, 19 h) : Le blues, tout le monde connaît. Le blues en créole, c’est autre chose. C’est la proposition audacieuse de ce groupe de la Guadeloupe qui renouvelle le genre.

Sons of Kemet (L’Astral, 22 h) : Provenant du Royaume-Uni, Sons of Kemet est la formation peu orthodoxe (saxophone, tuba, batteries) aux sons atypiques de Shabaka Hutchings. Selon le magazine Les Inrocks, ce groupe offre une séance de spiritisme pendant un tremblement de terre. Eh bien, la terre tremblera.

Mardi 3 juillet

Jupiter & Okwess (scène du Monde, 20 h) : Révélé par Damon Albarn (Blur, Gorillaz), le groupe du Congolais Jupiter Bokondji nous invite à danser, à sauter, bref, à faire la fête sur des rythmes puissants et envoutants. Écoutez le clip de la chanson Ekombe.

Mercredi 4 juillet

Jeremy Dutcher (Gesù, 18 h) : Vous prenez un chanteur ontarien à la voix opératique (ténor), vous y ajoutez des musiques modernes et des mélodies wolastoq des Premières Nations et ça donne quelque chose d’unique.

Dominique Fils-Aimé (M2, 19 h) : Depuis que Billie Holiday a immortalisé Strange Fruit en 1939, cette chanson a eu droit à un nombre incalculable de reprises. Celle de la Montréalaise Dominique Fils-Aimé est plus que digne de mention. À découvrir en même temps que les chansons de l’album Nameless, paru en février. Également le 5 juillet à la même heure.

Hannah Williams & The Affirmations (scène TD, 21 h et 23 h) : On dit de Hannah Williams qu’elle est la plus funky des divas de la soul. D’ailleurs, Jay-Z en a fait sa protégée. Difficile de ne pas penser à Adele en l’écoutant. Avec The Affirmations, l’Anglaise se permet même de reprendre Dazed and Confused de Led Zeppelin. Convaincant.

Jeudi 5 juillet

Kepa (place Heineken, 17 h et 19 h) : Ancien planchiste professionnel, l’artiste français bonifie le blues du passé par des vibrations presque modernes mêlées à de l’harmonica.

Vincent Peirani et Émile Parisien (Monument-National, 20 h) : Des combinaisons guitare-batterie, guitare-violon ou piano-contrebasse, on connaît ça, mais un duo accordéon-saxophone soprano? C’est ce que proposent les Français Vincent Peirani (accordéon) et Émile Parisien (saxophone) en première partie de Steve Kuhn.

Vendredi 6 juillet

Megative (scène TD, 21 h et 23 h) : Vous connaissez l’ex-chanteur du groupe The Stills, Tim Fletcher? Vous connaissez l’ancien meneur de Me Mom and Morgentaler, Gus Van Go? Megative est leur nouveau groupe. Si vous aimez The Specials et le mouvement Two Tone issu de Londres dans les années 1980, c’est taillé sur mesure pour vous.

Samedi 7 juillet

Finley Quaye (L’Astral, 22 h) : Vous souvenez-vous de Finley Quaye? J’avais complètement oublié celui qui a obtenu le succès grâce à la chanson Sunday Shining dans les années 1990. L’Écossais est de retour. Il fallait bien une redécouverte parmi tous ces nouveaux musiciens.

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