Le Festival international de jazz de Montréal, 38e du nom, est comme ses prédécesseurs d'il y a 5, 10 ou 15 ans : un enchaînement interrompu de concerts en tous genres qui dure 11 jours. En fait, 12 jours cette année, en raison du gigantesque concert de préouverture (Half Moon Run, Cœur de pirate, The Franklin Electric, etc.) qui a eu lieu mercredi.

Encore une fois, des centaines de concerts sont proposés en salle et en plein air. Comme toujours, impossible de tout voir. Donc, c’est le temps des choix. En voici une vingtaine. Dites-vous que j’aurais pu faire une liste de 20 choix différents tout aussi alléchants, sans que personne y perde au change.

Consultez le programme… et sortez vos parapluies, si vous comptez arpenter le site, car nous risquons d’être moins chanceux que pour les FrancoFolies dans les prochains jours.

5 concerts jazz venus d’ailleurs

29 juin – Ambrose Akinmusire (Monument-National) : Le son parfait? Ça existe? Je l’ignore, mais cela ressemble à la quête du trompettiste Ambrose Akinmusire depuis ses débuts. On pourra constater l’évolution de son travail cette année.

30 juin – Hudson et le Charles Lloyd Quartet (Maison symphonique) : Il y a, tout d’abord, le quartette du saxophoniste Charles Lloyd, qui est accompagné de Gerald Clayton, de Reuben Rogers et d’Eric Harland. Puis, le plat de résistance avec Hudson, ce groupe formé de Jack DeJohnette, de Larry Grenadier, de John Scofield et de John Medeski. Que de grosses pointures réunies pour les 75 ans de DeJohnette, batteur de génie. Pas mal irrésistible comme doublé de jazz.

1er juillet – Tigran Hamasyan et Colin Stetson (Maison symphonique) : Chaque fois que l’on voit le pianiste arménien Tigran Hamasyan, on est ébahi et renversé par sa dextérité et son talent. Avec le disque contemplatif An Ancient Observer, c’est la beauté et la mélancolie qui risquent de primer cette fois. De plus, on va s’éclater avec le saxophoniste Colin Stetson. Joie!

4 juillet – Still Dreaming et Danilo Perez (Maison symphonique) : Le saxophoniste Joshua Redman et ses collègues Ron Miles, Scott Colley et Brian Blade se sont inspirés de l’œuvre expérimentale du quartette Old and New Dreams (Dewey Redman, Charlie Haden, Don Cherry, Ed Blackwell) pour concocter Still Dreaming. Il faut donc s’attendre à tout de ces gars qui sont tous des admirateurs du légendaire saxophoniste Ornette Coleman. En complément : le pianiste Danilo Pérez.

7 juillet – Ravi Coltrane (Gesù) : Ravi Coltrane, le fils de John, est l’hôte de l’un des deux volets de la série Invitation (du 6 au 8 juillet), entre autres. C’est en quartette, avec Adam Rogers, Yunior Terry et E.J. Strickland, que j’ai le plus envie de revoir le saxophoniste.

5 concerts d’artistes d’ici (Québec ou Canada)

29 juin – UZEB (salle Wilfrid-Pelletier) : Vingt-cinq ans après leur dernier concert présenté au Festival international de jazz de Montréal, Michel Cusson, Alain Caron et Paul Brochu reprennent du service et lancent une tournée mondiale chez eux. Événement.

30 juin, 1er et 2 juillet – Charlotte Cardin (Métropolis) : Son succès ne se dément pas. Avec l’ajout des supplémentaires, c’est maintenant trois soirées au Métropolis que Charlotte Cardin propose. Kevin Garrett en première partie le 30 juin et le 1er juillet. Kalle Mattson, le 2 juillet.

2 juillet – Andrea Lindsay (L’Astral) : Amoureuse du français et de chansons françaises, l’Ontarienne Andrea Lindsay regroupe tous ses amours avec son disque Entre le jazz et la java, où elle reprend Serge Gainsbourg, Claude Nougaro, Sylvain Lelièvre et Diane Tell. Voilà maintenant le spectacle.

4 juillet – Feist (salle Wilfrid-Pelletier) : On n’a pas revu la Canadienne au Festival de jazz depuis un concert extérieur un peu chiche – très peu de succès interprétés ce soir-là – il y a quelques années. La revoilà en salle avec son nouveau disque. En première partie : Charlotte Day Wilson.

7 juillet – Lorraine Desmarais (Gesù) : La grande pianiste québécoise, en trio, qui nous propose une soirée hommage à Bill Evans. Je me dis que l’idée relève d’une logique implacable.

5 concerts populaires

2 juillet – La La Land en concert (salle Wilfrid-Pelletier) : C’est un film? C’est un spectacle? Non. C’est La La Land en concert, comédie musicale avec orchestre inspirée du film oscarisé qui était à la fois un spectacle sur grand écran et une comédie musicale. Ça va être la totale!

3 juillet – King Crimson (salle Wilfrid-Pelletier) : Roi de l’école du rock progressif, King Crimson demeure, près de 50 ans après sa création, l’un des piliers du genre qui a survécu à tous les courants musicaux. Peu importe ce que la bande à Robert Fripp propose, c’est toujours offert avec une qualité d’instrumentation hors normes.

5 juillet – Melissa Etheridge et Joss Stone (salle Wilfrid-Pelletier) : Vous vous souvenez quand Melissa Etheridge et Joss Stone ont mis le feu à la soirée des Grammy en 2005, en honorant la mémoire de Janis Joplin? Elles font désormais une tournée commune. Le plafond de la Place des Arts pourrait ne pas résister.

6 juillet – The O’Jays et The Four Tops (salle Wilfrid-Pelletier) : Il ne reste qu’Abdul « Duke » Fakir comme membre original au sein des Four Tops. Cela commence à ressembler à un groupe hommage. En revanche, deux des trois membres des O’Jays (Eddie Levert et Walter Williams) sont là depuis le début (1958) et étaient de la partie pour l’enregistrement de l’album mythique Back Stabbers, en 1972. On va enfin entendre Love Train, Back Stabbers et When The World’s at Peace sur scène à Montréal. Ouais!

8 juillet – Pink Martini (salle Wilfrid-Pelletier) : Depuis Sympathique – il y a déjà 20 ans – et leur premier passage au Québec, l’histoire d’amour entre Pink Martini et les Montréalais n’a jamais cessé. C’est tellement flagrant que le groupe doit faire deux spectacles (à 15 h et à 20 h) pour permettre à un maximum d’amateurs d’aller les applaudir.

5 concerts extérieurs

29 juin – Tami Neilson (scène Rio Tinto, 20 h et 22 h) : La Canadienne désormais établie en Nouvelle-Zélande, où elle est une vedette consacrée, revient deux fois plutôt qu’une sur une scène extérieure afin de présenter les chansons de son cinquième album, Don’t Be Afraid. On ne craint même pas la pluie.

30 juin – Valaire (scène TD, 21 h et 23 h) : Oobopopop, j’adore le titre de ce cinquième album de Valaire, et ce qu’il contient est tout indiqué pour faire danser tout le monde jusqu’en fin de soirée.

1er juillet – Discothèque (scène TD) : Comme le Festival de jazz est toujours en cours chaque 1er juillet, cela fait au moins 22 ans que je n’ai pas assisté à un spectacle célébrant la fête du Canada. Cela pourrait changer cette année avec Discothèque, le concert collectif visant à célébrer la danse music canadienne avec Carly Rae Jepsen, Men Without Hats, Radio Radio, Muzion, les Buffalo Hat Singers, DJ Champion, 24 musiciens, 5 chanteurs, 35 danseurs, des feux d’artifice et des surprises.

6 juillet – The Brooks (scène TD) : Le secret le mieux gardé de Montréal ne l’est plus vraiment, mais il y a encore un tas de gens qui n’ont pas vu l’octet The Brooks sur scène. Il n’y aura pas meilleure occasion que ce soir-là. Du funk au menu.

8 juillet – Anderson .Paak and The Free Nationals (scène TD) : Le protégé de Dr. Dre issu de Los Angeles fond ensemble presque tous les genres musicaux (soul, rhythm and blues, funk, jazz) dans ses œuvres. Une excellente façon de s’éclater une dernière fois avant d’aller dormir durant 24 heures.

Plus d'articles

Commentaires