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Virtue et Moir n'ont aucun doute : ils méritaient la médaille d'or

Spectacles, plateaux de télévision, tournées promotionnelles... Tessa Virtue et Scott Moir ont à peine eu le temps de reprendre leur souffle depuis qu'ils ont triomphé à Pyeongchang, il y a deux mois et demi. Mais lorsque les patineurs artistiques prennent un instant pour penser aux derniers Jeux olympiques, il n'y a aucun doute dans leur esprit : cette médaille d'or, ils ne l'ont pas volée.

Si le couple avait déjà goûté l’or à Vancouver, ils reconnaissent que cette médaille gagnée à Pyeongchang a une saveur particulière. Outre leur victoire, c’est surtout le problème vestimentaire qu’a connu la Française Gabrielle Papadakis lors du programme court qui a retenu l’attention. Plusieurs ont avancé que sans cet incident, le couple français aurait remporté l’or plutôt que l’argent. Les Canadiens croient au contraire que leur première place était grandement méritée.

« Dans le sport, il faut contrôler ce que tu peux contrôler et c’est ce que nous avons fait, soutient Scott Moir. C’est dommage pour eux. Ç’a probablement joué un rôle, mais en même temps, nous avons fait deux programmes impeccables, ce qu’ils n’ont pas fait. C’est un sport jugé. Nous avons senti, d’un point de vue technique, avec le programme court que nous avons eu, que l’écart aurait pu être plus grand.

Il faut dire qu’à l’opposé de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, qui avaient connu un cauchemar lors du programme court, Tessa Virtue et Scott Moir avaient livré une routine rêvée.

« Après le programme court, nous sommes rentrés au village afin de recevoir des traitements, et manger et passer du temps avec notre préparateur mental. Scott et moi, nous avons eu ce bref moment de célébrations, et puis il a dit « nous ne sommes pas venus aux Olympiques pour gagner le programme court », raconte Tessa Virtue, quelques heures avant de sauter sur la patinoire du Centre Bell pour le spectacle de « Stars on Ice ».Tout au long de leur carrière, Tessa Virtue et Scott Moir s’étaient donné pour mission de faire abstraction de la foule, de ne pas se laisser influencer par l’ambiance qui allait régner dans l’amphithéâtre. Ils y sont toujours parvenus… sauf à Pyeongchang.« Nous avions l’impression d’être à la maison. Je ne sais pas ce que c’était… Il y avait beaucoup de drapeaux canadiens dans la foule. Nous avions l’impression que la foule était derrière nous. Quand nous patinions, nous ressentions cette énergie dans l’aréna qui augmentait et augmentait pour atteindre ce climax à la fin du programme. J’ai des frissons juste à en parler », se remémore le patineur.

À sa sortie de la patinoire, Tessa Virtue s’est tournée vers leur entraîneur, Patrice Lauzon.

« Était-ce suffisant? »

Si le couple canadien était plus que satisfait de sa performance, ce serait mentir de dire qu’il était convaincu à ce moment qu’il venait de décrocher la médaille d’or. Après tout, il s’agit d’un sport jugé…

« Tu peux voir notre hésitation. Nous avons attendu pour être certains que c’était suffisant pour terminer au premier rang. De savoir que ce retour à la compétition nous a menés vers la médaille d’or, c’est indescriptible », raconte Tessa Virtue.

L'heure de la retraite?Même s’ils ont encore du mal à parler de retraite, Tessa Virtue et Scott Moir ne croient pas qu’ils reviendront cette fois sur leur décision, comme ils l’avaient fait deux ans après les Jeux olympiques de Sotchi.« Ça sent la fin, mais nous avons eu ce sentiment auparavant et nous avons fait un retour, reconnaît Scott Moir. Je pense que dans deux ou trois ans, il y aura des jeunes qui vont prendre le relais et ce sera notre héritage. »Après avoir mis le reste de leur vie en veilleuse pendant 15 ans afin de se dévouer entièrement à leur sport, le temps est peut-être venu de passer à autre chose.

Les prochaines années seront assez chargées alors qu’ils prendront part à des tournées de spectacles chez les professionnels. Ensuite, ils ne savent pas encore comment, mais ils veulent à tout prix trouver une façon de redonner à leur sport.

« C’est notre responsabilité. »

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