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Vivre en condo et posséder une voiture électrique : pas si simple que ça

Québec veut encourager les automobilistes à prendre le virage électrique. Mais quand on vit en condo et que le stationnement n'a pas encore de bornes de recharge, il y a certaines choses à savoir avant d'acheter une voiture électrique.

Le chroniqueur automobile Jacques Duval a testé plus de 7000 véhicules dans sa vie. Aujourd’hui, il ne pourrait plus se séparer de sa voiture électrique.

« J’ai déjà parcouru 35 000 kilomètres et il n'y a pas un bruit de caisse, la voiture est solide comme le roc », dit-il en empruntant l’autoroute au volant de sa Tesla.

M. Duval habite une tour à condo bâtie aux débuts des années 2000. Mais pour pouvoir charger sa voiture à la maison, il a dû faire quelques modifications au système électrique.

Un électricien a modifié la boîte électrique de l’immeuble et a fait passer un fil jusqu’au stationnement avant d’installer la borne de recharge.

« L'électricien a fait pas mal de travail. Ça a été complexe, car l'édifice n'a pas été conçu pour les voitures électriques. »

L’achat et l’installation ont été en partie remboursés par le gouvernement.

L'embûche de la double majorité

Mais au-delà des coûts, quand on habite une copropriété, ce genre de modifications ne peut se faire sans l’approbation des autres copropriétaires.

L’endroit où vous stationnez votre voiture, vous en avez l’usage exclusif. Mais même si personne d’autre n’a le droit de l’utiliser, votre stationnement demeure, dans bien des cas, un espace commun.

Et modifier un espace commun dans une copropriété, c’est un peu plus compliqué.

Me Ghislain Raymond, avocat associé chez De Grandpré Joli-Cœur, explique que « toutes transformations d'une partie commune requièrent un vote à double majorité à l’assemblée des copropriétaires. Ce n'est pas simplement une majorité simple de 50 % plus un. »

Une double majorité, ça signifie obtenir l’accord de 50 % plus 1 de l’ensemble des copropriétaires. Il faut également que le groupe qui vous appuie détienne au moins 75 % de la valeur relative de la copropriété.

« C'est plus lourd comme mécanisme pour pouvoir poser la première vis et rentrer le premier fil dans l'immeuble », souligne Me Raymond.

Jacques Duval, co-auteur du guide L'auto électrique, hybride ou écoénergétique admet qu’il a dû convaincre son voisinage avant de pouvoir installer sa borne de recharge.

« Ça n'a pas été la grosse chicane; on s'est finalement entendus. Mais dans mon cas, ça a été un peu compliqué, je dirais. »

Assouplir les lois?

Comme le Québec veut encourager l’achat de véhicules électriques, Me Raymond croit que le gouvernement devrait rendre les lois moins contraignantes.

« L'idéal, ce serait que de telles modifications soient approuvées par un vote à majorité simple. Déjà là, on enlèverait une barrière potentielle. »

Pour ce qui est des nouvelles habitations, Québec jongle avec l’idée de forcer les promoteurs à installer les infrastructures électriques nécessaires au moment de la construction. Mais pour l’instant, rien ne l'oblige dans le code du bâtiment.

Cependant, comme il commence à y avoir de la demande de la part des acheteurs, certains promoteurs affirment prendre les devants en prévoyant l’électricité nécessaire à l’installation de bornes de recharge.

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