Après plus d'une trentaine de jours d'audience, le sort de Richard Henry Bain, accusé d'avoir commis un meurtre prémédité au Métropolis lors du rassemblement de victoire électorale du Parti québécois en 2012, est maintenant entre les mains de 12 jurés qui ont commencé samedi leurs délibérations. Retour sur ce long procès.

Un texte de Karine Bastien

Ce qui s'est passé 

Le soir du 4 septembre 2012, Richard Henry Bain s'est présenté à l'arrière du Métropolis, à Montréal, où Pauline Marois et sa formation politique célébraient leur victoire électorale.

Cagoulé et vêtu d'une robe de chambre bleue, Richard Henry Bain a tiré sur les techniciens de scène qui étaient à l'arrière de l'établissement. Après avoir tiré une seule balle, son arme s'est enrayée. Denis Blanchette a été tué et le même projectile a blessé grièvement Dave Courage.

Richard Henry Bain a par la suite allumé un incendie et a pris la fuite. Pris en chasse par les policiers, l'accusé a brandi un pistolet et a tenté de faire feu, mais le coup n'est pas parti.

De longues procédures 

Le procès a duré 34 jours. La Couronne a présenté 48 témoins : des policiers, des victimes, dont Dave Courage qui a été gravement blessé lors de l'attentat, une toxicologue judiciaire et le psychiatre Joel Watts.

La défense a, quant à elle, présenté huit témoins. Les deux frères de Bain sont venus témoigner, d'anciens collègues de travail, son médecin de famille et la psychiatre Marie-Frédérique Allard.

Bain était en psychose, dit la défense

La défense a plaidé la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. L'accusé, Richard Henry Bain, a témoigné pendant cinq jours.

Il a dit avoir perdu la mémoire ce soir-là en raison d'une surdose de Cymbalta, un antidépresseur. Mais aucune trace de ce médicament n'a été trouvée dans son sang. Le médecin de famille de l'accusé et la psychiatre Marie-Frédérique Allard sont aussi venus parler des problèmes de santé mentale de Richard Henry Bain.

La Dre Allard a affirmé que Richard Henry Bain était fort probablement en psychose lors de l'attentat du 4 septembre 2012. Elle a rencontré l'accusé à deux reprises quelques semaines après les événements.

Elle croit que l'accusé n'avait plus la capacité de savoir que les gestes qu'il posait étaient mauvais, qu'il était comme emporté par une sorte de délire politique et religieux. Dieu lui aurait même commandé l'attaque au Métropolis. Quelques jours après son arrestation, Richard Henry Bain avait téléphoné à la station de radio CJAD et expliqué qu'il voulait faire de Montréal une province indépendante pour vivre dans la paix et l'harmonie.

La Couronne : Richard Henry Bain était en colère

De son côté, la Couronne a plaidé que le geste de Richard Henry Bain était motivé par la colère en raison de la victoire du Parti québécois le soir du 4 septembre 2012.

Dennis Galiatsatos, procureur des poursuites criminelles et pénales, a fait entendre notamment le psychiatre Joel Watts, qui avait été mandaté par un juge pour évaluer la responsabilité criminelle de l'accusé.

Le Dr Watts a affirmé que, le 4 septembre 2012, Richard Henry Bain n'était pas dans un état de psychose ni dans un épisode maniaque ou de dépression majeure. Il était capable de distinguer le bien du mal. Selon lui, l'accusé ne satisfait pas les critères pour un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. La victoire du Parti québécois l'a mis en colère.

Le procureur des poursuites criminelles et pénales doute de la perte de mémoire de l'accusé. Selon lui, Richard Henry Bain a prémédité son geste et il savait ce qu'il faisait le soir des événements.

Des images en preuve 

Cette vidéo a été présentée une dizaine de fois lors du procès. Un caméraman de Radio-Canada a capté ces images de l'arrestation de Richard Henry Bain. On y entend l'accusé dire « les Anglais se réveillent ». La défense a analysé longuement ce segment, disant qu'elle démontrait que l'accusé souffrait de problèmes de santé mentale.

Les plaidoiries

Lors des plaidoiries, l'avocat de l'accusé, Alan Guttman, a demandé aux jurés de rendre un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. De son côté, le procureur de la Couronne a réitéré que Richard Henry Bain savait très bien ce qu'il faisait et qu'il doit donc être reconnu coupable de meurtre.

Le juge Guy Cournoyer de la Cour supérieure a donné de longues directives aux jurés. Le sort de Richard Henry Bain repose désormais entre leurs mains.

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