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Vols d’identité à l’École polytechnique de Montréal : la liste s’allonge

Radio-Canada révélait le 15 octobre que plusieurs finissants de l'École polytechnique de Montréal avaient fait l'objet d'une fraude à la suite du vol des renseignements personnels qu'ils avaient fournis à leur établissement dans le but d'obtenir une bourse. Depuis, la liste des boursiers qui ont été ou pourraient encore être victimes d'une fraude d'identité ne cesse de s'allonger.

Un texte de Normand Grondin

L'École polytechnique confirme qu'elle a fait parvenir récemment un avis par courriel ou par la poste à 1215 boursiers pour les prévenir que leurs renseignements personnels pourraient avoir été utilisés à des fins frauduleuses, par exemple pour obtenir du crédit, ou ouvrir un compte dans une banque ou une entreprise de téléphonie sans fil.

La liste des victimes potentielles s'étale sur une période de huit ans, soit tous les étudiants qui ont reçu une bourse entre 2005 et 2012. « Ça représente tout un défi de rejoindre des gens qui ont quitté l'École depuis plusieurs années », explique la porte-parole de Polytechnique, Chantal Cantin.

Combien d'entre eux ont été victimes d'une fraude? On l'ignore pour l'instant, mais plus d'une douzaine d'ingénieurs ont contacté Radio-Canada depuis trois semaines pour signaler qu'ils avaient été victimes d'une fraude récemment. Et plusieurs d'entre eux s'interrogent sur le temps qu'il a fallu à Polytechnique pour les prévenir de la situation.

Rappelons que c'est en 2012 que l'École a connu une première vague de fraudes ciblant ses boursiers. L'institution avait alors rejoint par courriel une soixantaine d'entre eux, puis confié le dossier au SPVM et resserré les mesures administratives en espérant éviter un autre incident semblable.

Mais Radio-Canada vient d'apprendre qu'une deuxième vague a eu lieu en mai 2014. C'est l'entreprise Vidéotron qui a découvert le problème après avoir constaté des anomalies dans les comptes d'une trentaine de ses clients, tous finissants en génie.

« Comme la source de ces événements ne provenait pas de Vidéotron, nous a expliqué l'entreprise, nos enquêteurs ont informé Polytechnique. » L'établissement a réagi l'an dernier en faisant parvenir une autre série de courriels de mises en garde, cette fois-ci à près de 300 de ses anciens boursiers.

Est-ce que Polytechnique aurait dû en faire plus, et plus tôt, afin d'éviter la troisième et plus récente vague de fraudes? Chantal Cantin répond qu'il est possible que la liste des informations volées en 2012 n'ait pas été utilisée d'un seul coup, mais plutôt par blocs, ce qui expliquerait le délai entre les incidents et la difficulté de prédire qu'ils allaient se répéter. « L'École prend tout cela très au sérieux et fait tout ce qu'elle peut pour y mettre un terme », dit-elle.

Polytechnique évaluerait, entre autres, la possibilité d'offrir à ses anciens boursiers, par l'entremise d'une entreprise d'évaluation de crédit, un programme gratuit de suivi de crédit.

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