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Wi-fi public : comment se compare Montréal? La réponse en carte

Avec l'annonce de l'expansion de son réseau public sans fil, qui comptera désormais 825 bornes d'accès wi-fi à travers la ville, Montréal se targue d'avoir l'une des couvertures urbaines les plus étendues au monde. Mais comment se compare-t-elle aux villes les plus branchées du globe?

Un texte de Valérie Boisclair

Grâce à une entente de 75 000 $ conclue de gré à gré avec ZAP, un organisme anciennement connu sous le nom d'« Île sans Fil », la Ville de Montréal a récupéré 635 bornes wi-fi. Désormais sous la tutelle de MTLWifi, celles-ci viennent progressivement s’ajouter au réseau municipal de 190 antennes, qui fonctionnent grâce à la fibre optique.

Après avoir concentré davantage d'efforts à assurer une connexion wi-fi dans le Vieux-Montréal, la Ville tend maintenant à offrir un service gratuit au-delà des zones touristiques. « C'est une nouvelle présence assurée dans 16 arrondissements, grâce à nous », fait valoir André Boisvert, directeur chez ZAP.

Chef de file au Canada

L'expansion du réseau sans fil municipal permet à Montréal de faire bonne figure lorsque vient le temps de comparer son offre wi-fi à celle de ses voisins.

Grâce à l'ajout de nouvelles bornes, annoncé le 10 juillet dernier par Harout Chitilian, conseiller responsable de la Ville intelligente, la métropole dépasse de loin Vancouver, Calgary et Ottawa, qui en comptent respectivement 43, 37 et 25.

Bien que l’Ontario assure travailler sur plusieurs projets de villes intelligentes, comme à Kingston, à Stratford ou à Waterloo, le nombre de zones wi-fi municipales dans certaines grandes villes a de quoi étonner.

Même si Toronto offre le wi-fi dans plus de 70 stations de métro, ces bornes ne font pas partie de son réseau public. Le wi-fi de la Ville de Toronto compte en réalité moins d’une dizaine de points d'accès.

Sur les rives du lac Ontario, Mississauga, 6e plus grande ville du Canada, détient 23 antennes publiques, soit le même nombre que la ville de Granby, au Québec.

La province compte toutefois remédier à la situation. Plusieurs communautés prévoient augmenter l’offre de wi-fi public d'ici les prochaines années, notait l’Eastern Ontario Regional Network (EORN) dans son rapport de 2016.

… et dans le monde?« On a encore du chemin à faire si on se compare à Tokyo! Mais on est quand même très en avance, même sur l’Europe », soutient M. Boisvert.À l’instar de Montréal, qui développe son réseau de fibre optique, beaucoup de pays européens bénéficient de cette technologie. Selon les plus récentes données de Rotten Wifi, une organisation de surveillance des réseaux sans fil publics, quatre des cinq pays offrant la vitesse de téléchargement la plus rapide se trouvent en Europe.Le directeur de ZAP appelle toutefois à relativiser : les pays du Vieux-Continent sont très peuplés, et ce, sur de plus petites superficies. « Toute cette conjoncture favorise le marché européen et le rend assez compétitif », nuance-t-il.

Bien que Montréal ne puisse se mesurer à l'île de Taïwan ou à la ville de Séoul, qui offrent plusieurs milliers de points d’accès, elle arrive à damer le pion à d’importants joueurs comme Florence, Barcelone et Helsinki.« 825 bornes, c’est tout de même un nombre important et ça fera assurément beaucoup de trafic », souligne François Gagnon, titulaire de la Chaire Richard J. Marceau sur les stratégies numériques sans fil pour les pays en développement, à l’ETS.

De retour d'une conférence sur les technologies cellulaires donnée en Australie, M. Gagnon assure que le wi-fi public s'y trouve facilement, que ce soit à l'aéroport ou dans les centres-villes. « Un peu partout en Australie, c’est la norme. L'accès est gratuit, le service est relativement rapide, mais il y a une limite de temps ou de mégabytes par personne », explique-t-il.

Démocratiser l'accès au réseau sans fil

La Ville de New York, véritable figure de proue des villes intelligentes, a multiplié ses antennes au cours des dernières années et a amélioré la vitesse de téléchargement de ses bornes. Son réseau LinkNYC compte plus de 2300 points d’accès.

« Plus d’un quart des New-Yorkais n’ont pas accès à l’Internet à haut débit à la maison, et LinkNYC estime qu’ils devraient tous pouvoir bénéficier des opportunités qu’offre une connexion au réseau », souligne l’EORN dans son rapport Wi-fi public municipal : un bon investissement?À l’image de la ville de Burlington, au Vermont, qui a implanté 26 points d'accès au wi-fi public à l’époque où Bernie Sanders était maire, Montréal aspire à développer sa propre infrastructure et à gérer sa propre bande passante. « Mais à plus grande envergure », ajoute M. Boisvert.

Rapatrier la gestion de ces services représente « une économie substantielle dans les coûts de télécommunications », estime-t-il. D'abord pour Montréal, ensuite pour les régions, si on en croit le directeur de ZAP, qui souhaite consolider le modèle d'affaires dans la métropole pour ensuite l'exporter à travers le pays.

Au cours des prochains mois, la Ville devrait annoncer d’importants développements dans huit arrondissements, selon M. Chitilian.

« Le but est de donner aux citoyens les outils pour pouvoir accéder, grâce au sans-fil, aux services numériques », assure M. Chitilian.

Pour François Gagnon, la connexion au réseau public sans fil doit pouvoir se faire au-delà du centre-ville. « C’est l’accès à l’information, sans quoi tu ne peux pas être un citoyen à part entière. Tu n’as pas accès aux possibilités, aux offres d’emploi, voire à l’horaire des autobus! C’est devenu essentiel. »

Les nouvelles zones wi-fi à Montréal

Déployé au Palais des congrès puis dans le Vieux-Montréal depuis juin 2015, le réseau sans fil de la Ville couvre maintenant le centre-ville, le Quartier des spectacles, le Quartier de l’Innovation - situé dans Griffintown - et le parc Jeanne-Mance. La Petite-Bourgogne devrait suivre sous peu.

Les nouveaux points d’accès, qui bénéficient de plus de « puissance et de stabilité », étendent la couverture wi-fi des rues Saint-Marc à Parthenais, délimitée au nord par la rue Sherbrooke.

Spécialisé dans le déploiement des réseaux publics, ZAP surveille la mise à niveau des bornes, mais s’occupe aussi du soutien de première ligne. Parmi les nouveautés figure une ligne d’urgence ouverte pour les citoyens en cas de pépins techniques.

Le réseau de wi-fi public à Montréal doit poursuivre son expansion en 2018, avec l'activation de nouvelles bornes.

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