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Xavier Ouellet ronge son frein en silence avec les Red Wings

MONTRÉAL - Xavier Ouellet disputera seulement un troisième match en mars, lundi soir, contre le Canadien. Le défenseur des Red Wings, qui s'est entendu sur un contrat de deux ans avec l'organisation l'été dernier, n'est plus dans les bonnes grâces de son entraîneur et s'impatiente.

Un texte d’Alexandre Gascon

À trois reprises cette saison, Jeff Blashill a envoyé Ouellet sur la passerelle pour des séquences de neuf matchs de suite. Au total, le Québécois a regardé 33 rencontres depuis les hauteurs des amphithéâtres et en a joué 42.

Cette longue traversée du désert lui a été imposée, mais pas nécessairement expliquée.

« Il n’y a pas eu beaucoup de communication, pour être honnête. Je ne sais pas c’est comment ailleurs, mais dans mon cas, il fallait que je travaille sur moi-même. Pas de communication, pas de blessures non plus. Je n’ai pas eu la chance de rentrer dans la formation. Peu importe les raisons, j’ai fait ce que j’avais à faire. J’ai travaillé vraiment fort dans le gym », a admis l’ancien de l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Ouellet a connu ses meilleurs moments dans la LNH l’an dernier, une première campagne complète. Blashill lui préférait tous ses comparses en désavantage numérique à l’exception de Danny DeKeyser. Il se rapprochait d’un poste permanent au sein du deuxième duo défensif.

Dans une équipe médiocre qui a manqué les séries éliminatoires pour la première fois en 26 ans, Ouellet était le seul défenseur partant à terminer la saison avec un bilan défensif positif (+2).

Le directeur général Ken Holland l’a récompensé en lui offrant un contrat de deux ans d’une valeur de 2,5 millions de dollars dès le 3 juillet.

Plus de responsabilités, à Détroit ou ailleurs

Quelques mois plus tard, c’est l’incompréhension.

Le pilote des Wings évoque un coup de patin déficient, à améliorer, mais « ce n’est pas facile quand tu vieillis », précise-t-il du même souffle.

Le « vieux » Xavier, 24 ans, admet qu’il concentre ses efforts dans ce département, bien qu’il n’y voit pas « une lacune au point où ça fait mal à (sa) game ».

« Je ne me sens pas si lent que ça », a-t-il avoué, en riant jaune.

Le Québécois n’a pas joué plus de 14 minutes au cours de ses 8 dernières parties. Cinq fois au début de l’année, Ouellet a dû se contenter de 7 min 22 s de temps de jeu ou moins, dont un creux de 3:06 le 19 novembre contre l’Avalanche.

Ce serait « crève-cœur », a-t-il avoué, de quitter l’organisation qui l’a repêché.

« J’ai passé l’année à m’entraîner fort. Je me sens très bien, c’est un point positif. Mais c’est sûr que je veux une opportunité, je veux plus de responsabilités dans une équipe », a-t-il lancé.

Son avenir se décidera vraisemblablement au cours de la période estivale. Avec encore une année de contrat à un prix raisonnable (1,25 M$), une autre équipe pourrait tenter le coup.

À moins qu’il y ait un changement de garde au Michigan, ce qui est loin d’être exclu.

Le filet à Jared Coreau

Les partisans présents au Centre Bell lundi soir auront droit à un duel entre la 26e équipe de la LNH au classement général, le Canadien, et la 27e, les Red Wings.

Nombreux sont ceux qui souhaiteraient voir le CH s'effondrer à ses six dernières parties afin de maximiser les probabilités d'améliorer son rang de sélection au prochain repêchage amateur à Dallas. Qui sait, peut-être même décrocher la palme, soit le tout premier choix de l'encan, et ainsi mettre la main sur le soi-disant prodigieux défenseur suédois Rasmus Dahlin.

L'entraîneur du Canadien, Claude Julien, a parlé de l'importance de compétitionner d'ici la fin de la saison, un message en tous points identique à celui préconisé par son homologue à Détroit.

Montréal a remporté seulement 2 de ses 10 derniers matchs, mais les Wings ont fait pire encore avec une seule victoire.

Récemment, par contre, le niveau de compétition de ses hommes a plu à Blashill. Il a encensé le travail de ses vétérans.

« Ils ont fait tout un travail pour expliquer aux jeunes que, même dans les temps plus difficiles, c’est là qu’on voit le caractère. Tu dois compétitionner avec ardeur, travailler dans les entraînements et faire attention aux détails. Ils ont été un excellent exemple de ce qu’est un professionnel. Pas seulement Zetterberg et Kronwall, mais Abdelkader, Trevor Daley qui vient de gagner deux Coupes Stanley et Mike Green quand il était en santé. »

Blashill enverra dans la mêlée le gardien Jared Coreau. C'est un cinquième départ pour lui cette saison. L'Ontarien de 26 ans n'a pas exactement été une forteresse depuis ses débuts dans la LNH comme en font foi sa ronflante moyenne de buts accordés de 3,66 et son taux d'efficacité de ,880 en 18 matchs.

Il a toutefois blanchi le CH  à son seul match contre les Montréalais.

Formation probable des Red Wings à l'attaque :

  • Bertuzzi-Zetterberg-Nyquist
  • Helm-Larkin-Mantha
  • Athanasiou-Nielsen-Abdelkader
  • Frk-Glendening-Svechnikov

En défense :

  • Ericsson-Daley
  • DeKeyser-Jensen
  • Kronwall-Ouellet

Dans les buts:

  • Coreau

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