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Xavier Ouellet : une belle occasion de rédemption pour le Canadien

La direction du Canadien paie très chèrement les erreurs qu'elle a commises, l'été dernier, dans la gestion de sa brigade défensive. Le temps est peut-être venu de profiter des gaffes des autres...

Le confrère Bob McKenzie, de TSN, a annoncé mardi que les Red Wings de Détroit venaient tout juste de faire savoir aux 30 autres organisations de la LNH qu’ils sont disposés à échanger le défenseur québécois Xavier Ouellet, qui n’est âgé que de 24 ans.

Ex-capitaine de l’Armada de Blainville-Boisbriand et ex-joueur du Junior de Montréal, Ouellet a été sélectionné au second tour par Détroit au repêchage de 2011. Il traîne une réputation irréprochable.

Durant son stage junior, il a été dirigé par les trois jeunes entraîneurs les plus en vue au Québec par le temps qui court: Pascal Vincent (qui dirige maintenant le Moose du Manitoba, qui trône au 1er rang de la Ligue américaine), Joël Bouchard (entraîneur, DG de l’Armada de Blainville-Boisbriand et DG d’Équipe Canada Junior en 2017 et 2018) et Dominique Ducharme (entraîneur-chef d’Équipe Canada lors des deux derniers Championnats mondiaux, entraîneur et DG des Voltigeurs de Drummondville. Et les trois sont extrêmement élogieux à son endroit.

« Xavier Ouellet, c’est un professionnel. C’est un gamer, un gars de caractère, un travaillant, une bonne personne... un passionné. Toutes ces qualités sont des outils nécessaires pour être performant. Il y a quelques années, je l’ai vu se tailler un poste avec Équipe Canada Junior malgré une sévère entorse à une cheville. Dans sa situation, 99% des joueurs ne se seraient même pas présentés au camp. Et lui, il avait trouvé le moyen de performer au Championnat mondial dans ces conditions », raconte Joël Bouchard.

« Son patin est moyen, mais ce n’est certainement pas un handicap. Il est doté d’une belle vision du jeu et d’un beau talent. Il est efficace avec son bâton et son sens du hockey est excellent. Parce que je le connais autant, je crois qu’il a beaucoup plus de potentiel que ce qu’il a démontré jusqu’à présent. Au sein de chaque équipe de la LNH, il y a probablement un ou deux joueurs qui sont meilleurs que leurs performances ne l’indiquent. À mon avis, Ouellet appartient à cette catégorie, et ce n’est pas parce qu’il tourne les coins ronds ou qu’il manque de passion. Dans le hockey, ça arrive parfois que ça ne marche pas avec une organisation. »

« Ouellet est un joueur hypercompétitif. Ses lectures de jeu sont bonnes et c’est un défenseur assez complet. Je suis confiant qu’il lui reste plusieurs belles années à passer dans la LNH », enchaîne Dominique Ducharme.

« Xavier n’a que 24 ans et il a encore du temps devant lui. Parfois, il y a des occasions qui se présentent et des athlètes prennent leur envol lorsqu’on leur donne la chance de changer d’environnement. Il est clair pour moi qu’il est un défenseur de la LNH », ajoute Ducharme.

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Malheureusement, comme cela survient parfois dans le monde du hockey, le courant ne passe pas entre le défenseur de Terrebonne et l’entraîneur en chef des Red Wings, Jeff Blashill. Ce dernier dirige Xavier Ouellet depuis cinq ans. Avant de faire le saut dans la LNH, les deux hommes se sont côtoyés au sein du club-école de Grand Rapids dans Ligue américaine.

Les Red Wings ont raté les séries la saison dernière et le même scénario est en train de se reproduire cette année. Un changement de garde se prépare (le nom du directeur général Ken Holland est de plus en plus mentionné à titre de futur DG des Canucks de Vancouver), mais l’organisation s’accroche à sa brigade défensive vieillissante, notamment composée de Nicklas Kronwall (36 ans), Mike Green (31 ans), Jonathan Ericsson (33 ans) et Trevor Daley (33 ans).

Depuis le début de la saison, Ouellet a été retranché de la formation pas moins de 13 fois par Blashill. L’insulte suprême est survenue cette semaine, alors que les Red Wings ont rappelé Joe Hicketts (un défenseur de 21 ans de la Ligue américaine) et renvoyé Ouellet sur la passerelle de la presse pour l’occasion.

Depuis le début de la saison 2016-2017, malgré le contexte perdant dans lequel évoluent les Red Wings, Xavier Ouellet a présenté un différentiel de +2 et amassé 16 points (3 buts et 13 passes). Parmi les arrières qui ont disputé plus de 1500 minutes de jeu durant cette période, seuls Ouellet et Ericsson (+3) sont parvenus à « garder la tête hors de l’eau ». Les autres (Daley -10, Kronwall -12, Nick Jensen -14, Green -21 et Danny Dekeyser -26) présentent tous des bilans défensifs largement déficitaires.

À travers la LNH, il y a énormément de gens qui se posent des questions sur la manière dont les Red Wings sont désormais dirigés. Fait extrêmement rare : à sa dernière saison à Détroit, Mike Babcock avait ouvertement critiqué Holland pour avoir retranché Ouellet à la fin du camp d’entraînement.

« Je pense que Ouellet est un joueur vraiment intelligent. Il est meilleur. C’est un pur compétiteur. Il sait comment jouer et il est calme », avait déclaré Babcock qui, visiblement agacé, avait fait référence à son supérieur en l’appelant « l’autre gars ».

« J’ai déposé mes deux sous dans la balance, j’avais donc droit à un vote. Mais il [Holland] a droit à deux votes. Il peut donc gagner 2 à 1 (...) », avait ajouté Babcock, ne laissant ainsi aucun doute sur son désaccord avec son DG.

Quelques années ont passé depuis. Aussi fier, dédié et fort mentalement soit-il, comment un athlète peut-il s’épanouir quand il sait qu’on ne veut pas vraiment de lui?

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Tout cela nous ramène au Canadien, qui est désespérément à la recherche de défenseurs gauchers compétitifs, dotés d’une bonne vision du jeu et capables d’assurer la transition du jeu vers la zone adverse.

Et voilà que se pointe sur le marché un jeune arrière répondant parfaitement aux critères d’embauche, qui a grandi dans la cour du Canadien, et dont le salaire n’accaparera que 1,25 million sur la masse salariale jusqu’à la fin de la saison 2018-2019.

Les Red Wings, qui ont rayé Ouellet 13 fois de leur formation, ne sont certainement pas en position de demander la lune pour ses services.

Il faut savoir reconnaître une belle occasion lorsqu’elle se présente. Et celle-ci en est une.

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