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Zampino veut subir son second procès seul, le plus vite possible

L'ex-président du comité exécutif de la ville de Montréal, Frank Zampino, veut être jugé seul, le plus rapidement possible, à la suite de son arrestation par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en septembre dernier.

Un texte de Geneviève Garon

C’est ce que son avocate a déclaré en cour, mercredi matin, au palais de justice de Montréal, à l’occasion de la première comparution.

L’ex-maire de Saint-Léonard a été arrêté en même temps que sept autres hommes en lien avec un système de partage de contrats publics octroyés par la Ville de Montréal.

L’ancien bras droit du maire Gérald Tremblay veut être jugé séparément de ses coaccusés. « Nous renonçons à l’enquête préliminaire et souhaitons aller à procès le plus rapidement possible », a annoncé Me Isabel Schurman, qui représente Frank Zampino.

Elle a expliqué son empressement par le fait que son « témoin-clé » sera Bernard Trépanier, l’ex-solliciteur de fonds pour le défunt parti du maire Tremblay, Union Montréal. Or, M. Trépanier souffre de graves problèmes de santé qui menaceraient sa vie, a indiqué Me Schurman.

La poursuite n’a pas encore indiqué si elle accéderait à la demande de M. Zampino.

L’ancien numéro deux de la Ville de Montréal subit déjà un procès depuis près de deux ans pour un autre scandale municipal, celui du Faubourg Contrecœur.

Une preuve « volumineuse »

Les huit accusés étaient absents pour la comparution et représentés par leurs avocats. La poursuite a mentionné qu’elle remettrait une preuve « volumineuse » aux parties jeudi. Le retour en cour est prévu pour le 7 février.

Outre Frank Zampino et Bernard Trépanier, les coaccusés sont :

  • Robert Marcil, ex-directeur de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal;
  • Kazimierz Olechnowicz, ex-PDG de la firme CIMA+;
  • Yves Théberge, ex-vice-président de CIMA+;
  • Bernard Poulin, président de la firme de génie SM;
  • Dany Moreau, vice-président de SM;
  • Normand Brousseau, qui a travaillé pour la firme de génie HBA Technika.

Ils sont accusés de fraude, de complot pour fraude et de corruption dans les affaires municipales. Frank Zampino, Bernard Trépanier et Robert Marcil sont aussi accusés d’abus de confiance.

Dans un communiqué, l’UPAC avait indiqué que ces huit hommes ont été impliqués dans un stratagème qui s’est appliqué pour une trentaine de contrats de services professionnels, « majoritairement des contrats en ingénierie qui ont été octroyés par la Ville, entre 2001 et 2009. »

« L’enquête tend à démontrer qu’il existait un réseau de firmes de génie-conseil, de fonctionnaires municipaux ainsi que d’un élu qui, entre eux, avaient élaboré un système de partage de contrats en échange de financement politique, de ristournes sur la valeur des contrats mis en cause (160 millions de dollars) ou d’autres avantages personnels. »

Les huit accusés sont en liberté.

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