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10 raisons de ne pas aimer les Rangers de New York

Maintenant que les Bruins de Boston sont chose du passé, c'est au tour des Rangers de New York de goûter à la médecine des Sénateurs d'Ottawa.

Un texte de Angie Bonenfant

À première vue, on croirait qu’il n’existe aucune rivalité mesquine entre les deux équipes, mais lorsqu'on regarde la situation de plus près, on constate qu’il y a plus d’une raison de maudire les Rangers de New York.

10. Alain Vigneault. Il faudra que nos Sens fassent preuve de détachement et oublient qu'Alain Vigneault, l'entraîneur-chef des Rangers, est un p'tit gars originaire de Gatineau. Le premier poste d'entraîneur adjoint de Vigneault dans la Ligue nationale de hockey (LNH) a été avec les Sénateurs en 1992-1993. Il a fait partie de la famille des Sens pendant quatre saisons avant de s'envoler de ses propres ailes. En temps normal, les partisans seraient fiers de ses réalisations, mais cette fois-ci, ne l'oublions pas, même si ça nous crève le coeur, il incarne l'ennemi!

9. R-e-v-a-n-c-h-e. Il faut que les Sénateurs se le tiennent pour dit... cette série est une revanche! Il s'agit de venger leur humiliante défaite subie lors des séries, en 2012, où ces mêmes Rangers les avaient éliminés en sept matchs. Nos Sens s'étaient inclinés après avoir mené la série 3 à 2! Il s'agit aussi de rétablir l'honneur de leurs aïeuls. Les Sénateurs avaient aussi subi la défaite contre les Rangers, lors de la première ronde des séries, en 1930. Si ces épisodes douloureux ne sont pas une source de motivation suffisante pour battre les Blue Shirts, rien n’y fera!

8. Henrik Lundqvist. 1.96, c'est la moyenne d'Henrik Lundqvist en séries, cette année. Il est définitivement le pilier de l’organisation new-yorkaise. Lundqvist était devant le but des Rangers lorsque ces derniers ont montré la porte aux Sénateurs, en 2012. Intraitable, il avait arrêté 205 des 217 tirs portés contre lui. Au terme de la série, Graig Anderson, frustré, avait quitté la patinoire sans serrer la main de ses adversaires. Il est rapidement revenu faire amende honorable, par la suite, mais depuis il y a comme une odeur de revanche dans l’air...

7. Mika Zibanejad. En début de saison, les Sénateurs d'Ottawa ont acquis les services de Dereck Brassard des Rangers et, en échange, ils ont cédé le centre Mika Zibanejad. Ce dernier a connu une superbe saison (37 points) avec les Blue Shirts en réussissant à faire à New York ce qu'il n'a pu accomplir à Ottawa : il a été productif! En séries, il est jusqu'à présent le meilleur pointeur de son équipe. Pendant la saison régulière, il a nettement eu le dessus sur la saison assez ordinaire de Dereck Brassard. Avant de partir pour New York, le jeune Suédois a dit qu'il ferait tout en son pouvoir afin de prouver qu'Ottawa a eu tort de l'échanger. On aurait aimé qu'il ne mette pas ses menaces à exécution!

6. Les médias. Les médias new-yorkais, au même titre que ceux de Montréal, sont exagérément partisans. À la mi-avril, le quotidien Newsday a d’ailleurs pondu un article particulièrement cinglant dans lequel on compare notre belle capitale à un « village où il ne se passe jamais rien »! Le duel qui oppose les Sénateurs aux Rangers promet d'être l’un des plus ennuyants de l'histoire, relate le journaliste, qui a déclaré dans quelques lignes bien senties qu’Ottawa est de toute évidence (!) l’« élément plate » de la série. On connaissait déjà le chauvinisme new-yorkais, mais faut-il aussi endurer leur sarcasme? Cette série est un peu à l’image de l’affrontement qui a opposé David (Ottawa, un million d’habitants) contre Goliath (New York, 8,5 millions d’habitants). On connaît tous la fin de cette histoire... Mais on peut se demander si les New-Yorkais, eux, s'en souviennent?

5. « Potvin sucks ». Ce titre de chanson ne vous évoque peut-être pas grand-chose, mais au Madison Square Garden, elle soulève les passions. Il y a 30 ans, un p'tit gars du secteur Vanier à Ottawa, Denis Potvin, évoluant à l’époque pour les Islanders de New York, a donné une solide mise en échec à un certain Ulf Nilsson, un joueur des Rangers qui a été blessé sur le jeu. Depuis, les partisans new-yorkais, outrés de cette mise en échec, somme toute légale, ont entonné cette chanson peu glorieuse à chaque fois que notre Denis Potvin (un des plus illustres défenseurs de l'histoire du hockey, membre du Temple de la renommée et vainqueur de quatre coupes Stanley) a mis les patins sur la glace. Le problème, c'est que même si Potvin a pris sa retraite il y a belle lurette, en 1988, les partisans continuent, encore aujourd'hui, de chanter la ritournelle. Rancune quand tu nous tiens... Aux Sénateurs de diversifier leur répertoire musical!

4. « Yankees du hockey ». Les Rangers de New York sont l'équipe la plus riche de la LNH, selon un reportage du magazine Forbes publié en 2016. On estime qu'ils valent, à eux seuls, 1,25 milliard de dollars. Heureusement qu'il y a un plafond salarial, parce que s'il n'en tenait qu'à eux, les Blue Shirts se bâtiraient une équipe de vedettes capable de ravir, grâce à leurs moyens financiers, la coupe Stanley. Pas qu'ils se soient gênés de le faire dans le passé! Au début des années 2000, on les surnommait les « Yankees du hockey » justement en raison de leur détestable capacité à « se payer » les salaires mirobolants de plusieurs superstars du hockey. L'argent ne fait pas le bonheur, toutefois, puisque les Rangers ont gagné qu'une seule coupe Stanley depuis le début de l'ère moderne du hockey en 1967.

3. Chris Kreider. Ce joueur des Rangers traîne la mauvaise réputation de blesser tous les gardiens de but sur son passage en entrant en collision avec eux. En 2013, le gardien des Sénateurs d'Ottawa Graig Anderson a raté un mois et demi d'activité (18 matchs) après que Kreider lui soit « rentré dedans » au cours d'une joute. En 2014, le joueur des Rangers a récidivé, en finale de Conférence, lorsqu'il a blessé le gardien du Canadien de Montréal Carey Price en utilisant la même technique. La même année, au tour du gardien des Penguins de Pittsburgh Marc-André Fleury d’être la victime de Kreider. Et on ne vous parle même pas de Jaroslav Halak qui a goûté, récemment, lui aussi à cette étrange médecine. Kreider a toujours plaidé son innocence. Il ne sait peut-être pas patiner... Permettez-nous, toutefois, d’en douter!

2. Équipe canadienne enfin gagnante. Les Rangers sont passés maîtres d'éliminer les équipes canadiennes en séries éliminatoires. Ils ont éliminé les Sénateurs, en 2012, mais aussi le Canadien de Montréal à plusieurs reprises depuis l'expansion de la Ligue : en 1972, 1974, 1996 et 2014. En 1994, ils ont battu les Canuck de Vancouver en finale de la coupe Stanley. À une époque où on tente de ramener désespérément la coupe Stanley du côté nord de la frontière, il semble toujours que les Rangers de New York soient sur le chemin, à mettre des bâtons dans les roues!

1. Madison Square Garden. L'amphithéâtre des Rangers est l'un des plus célèbres au monde. En comparaison, le Centre Canadian Tire (CTC) passe très souvent inaperçu aux yeux des touristes. Le Madison Square Garden se trouve aussi en plein centre-ville de New York. Les partisans new-yorkais, contrairement à ceux de la capitale nationale, n'ont pas à faire des dizaines de kilomètres pour aller voir une simple partie de hockey. Le Centre Canadian Tire est un bel aréna, mais il est de loin l'aréna le plus éloigné du centre-ville de tous les amphithéâtres de la Ligue nationale de hockey. Le Madison Square Garden jouit d'une belle réputation, fait toujours partie des listes des plus beaux arénas de la LNH et est toujours plein à craquer. On aimerait en dire autant du CTC!

Avec la collaboration des journalistes Guillaume Charbonneau, Olivier Pinsonneault, Dan Séguin et Kim Vallière

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