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125 Ottaviens racontent leur histoire dans le marché By

Qu'ont en commun Colleen, qui a fondé un groupe d'entraide pour Autochtones, Shauna, qui a l'impression de s'oublier dans son rôle de parfaite mère de famille et Robert, qui s'est appliqué à apprendre à lire à l'âge adulte? Ils font partie des 125 personnes qui ont confié samedi un point tournant de leur vie dans 150 tentes installées dans le marché By, à Ottawa, dans le cadre du projet Trophée.

Un texte de Roxane Léouzon

Pour recruter des conteurs, Sarah Conn, l’une des co-créatrices, est allée avec son équipe visiter des groupes communautaires. Un appel général a aussi été fait à la population.

« Nos conteurs sont très diversifiés. Il y en a de tous les âges, de toutes les langues, de tous les profils socio-économiques. Leur point commun est qu’ils parlent tous d’un moment important qui a entraîné un important changement dans leur vie », a souligné Mme Conn.

Après avoir raconté leur histoire, les participants invitaient chaque membre du public à répondre à une question personnelle et à inscrire la réponse sur un papier translucide coloré, qu’ils ont accroché sous chaque tente. En soirée, les tentes ont été illuminées.

Ce projet artistique faisait partie de l’événement Scène Canada du Centre national des arts, qui a lieu du 15 juin au 23 juillet à Ottawa et à Gatineau.

À cœur ouvert

Le moment décisif de la vie de Colleen Cardinal est lorsqu’elle a cofondé l’organisme Indigenous Survivors of Child Welfare Network. Enlevée de force à ses parents alors qu’elle était toute jeune et mise en adoption dans une famille « blanche » en Ontario, cette femme crie a tranquillement pu apprendre sa propre culture et aider d'autres membres des Premières Nations à faire de même.

« On se familiarise avec les cérémonies, les cercles de partage, le tambour, la langue, les feux sacrés, les huttes à sudation », a expliqué celle qui ne savait même pas qu’elle était Autochtone avant d’arriver à l’âge adulte.

Ressentant la pression d’être une mère parfaite et ayant l’impression de se perdre dans l’idée que les autres avaient d’elle, Shauna MacEachern a pour sa part entamé il y a quelques années une quête pour retrouver son identité.

« Le fait de passer un an dans différents cafés m’a aidé à trouver quelque chose que je pensais avoir perdu – une idée de qui j’étais, ce que mon histoire devrait être. Il fallait un moment inattendu, une série de chansons qui semblaient être en apparence non liées pour découvrir que mon histoire était verrouillée dans ma mémoire », a-t-elle raconté.

Un moment important dans la vie de Robert Concordia, 60 ans, est quand il a commencé à apprendre à lire, vers l’âge de 18 ans.

« Je n’avais pas eu la chance de l’apprendre à l’école, où il y avait trop d’élèves pour le nombre de professeurs. Maintenant que je peux mieux lire et écrire, je peux aller très loin dans la vie », a-t-il estimé. « Quand avez-vous travaillé fort pour en apprendre plus dans la vie? »

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