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232 M$ pour assainir la rivière des Outaouais

Des représentants des trois ordres de gouvernement se sont réunis à Ottawa, mardi, pour annoncer l'injection de près de 232 millions de dollars dans le but d'assainir la rivière des Outaouais.

Cet argent servira à construire deux tunnels de captage des eaux usées : un premier est-ouest, au centre-ville, entre les plaines LeBreton et le parc New Edinburgh, et le deuxième nord-sud, le long de la rue Kent, entre la rue Catherine et les infrastructures existantes situées derrière la Cour suprême.

Ces tunnels doivent permettre de réduire la fréquence des débordements des égouts dans la rivière des Outaouais en cas de tempête de pluie, par exemple.

« Le projet de tunnel de captage des eaux usées contribuera [aussi] à la réduction des inondations dans les sous-sols, tout en permettant aux familles canadiennes de la classe moyenne de profiter d'activités récréatives sur la rivière des Outaouais, qui sera plus propre et plus saine », a soutenu la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna.

Les gouvernements du Canada et de l'Ontario allouent chacun 62,09 millions de dollars au projet. La Ville d'Ottawa s'engage de son côté à verser 107 millions de dollars.

Les deux tunnels, a rappelé le maire Jim Watson, font partie du Plan d'action de la rivière des Outaouais (PARO) de la Ville d'Ottawa.

Ce plan comprend 17 points, dont l'objectif est de limiter les déversements d'eaux usées dans la rivière des Outaouais. Le coût de la mise en oeuvre du PARO est d'environ 355 millions de dollars.

Les travaux de construction des deux tunnels sont déjà lancés. Ces derniers devraient être opérationnels d'ici le milieu de l'année 2020.

L'organisme Sentinelle Outaouais, qui se consacre à la protection de la rivière des Outaouais, se réjouit de l'annonce.

« Ça démontre vraiment un engagement clair de la part par des différents gouvernements, puis de la Ville d'Ottawa », lance sa directrice des opérations, Adèle Michon. « La rivière des Outaouais, c'est la richesse la plus importante pour la région. »

Mme Michon affirme que les égouts sont la principale source de pollution du cours d'eau. Limiter les déversements est donc une amélioration importante.

Toutefois, elle rappelle qu'Ottawa n'est pas la seule à déverser une partie de ses eaux usées dans la rivière et que toutes les municipalités doivent s'attaquer à ce problème.

Mme Michon souligne que certaines petites villes disposent pour ce faire de budgets limités.

Alors que la Ville d'Ottawa se lance dans la construction de tunnels de captage des eaux usées, Gatineau en est pour sa part à l'étape de la collecte de données.

La Municipalité a récemment acheté des enregistreurs de débordement qui lui permettront de mesurer la quantité d'eaux usées déversées dans la rivière des Outaouais chaque année. Ces appareils ont été installés dans 50 endroits dans le réseau d'égout.

Mme Michon salue ce développement, tout en soulignant que les villes d'Ottawa et de Gatineau ont des approches et des ressources financières différentes.

« On utilise la même rivière », dit-elle. « Mais ce n'est pas la même façon dont ça fonctionne pour octroyer les financements pour les usines. »

Par voie de courriel, la Ville de Gatineau a indiqué à Radio-Canada qu'elle prend la question des débordements au sérieux.

« La Ville continue à identifier et à implanter des correctifs aux surverses », peut-on y lire. « Un budget de trois millions de dollars a été prévu au [programme triennal d'immobilisations] en 2016 et d'autres investissements importants seront à prévoir de 2017 à 2022. »

La Municipalité souligne également qu'elle dénombre maintenant 10 surverses problématiques, alors que ce nombre était de 22 en 2011-2013.

Par ailleurs, les élus municipaux gatinois devraient se pencher sur un plan de gestion des débordements à la fin de l'an prochain.

Avec les informations des journalistes Michel-Denis Potvin et Gilles Taillon

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