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24 heures dans la peau d’un sans-abri à Ottawa

Les adolescents représentent souvent une portion oubliée de la population sans-abri. Pour sensibiliser les passants à leur cause, une trentaine de participants ont passé une journée complète à l'extérieur au centre-ville d'Ottawa.

Ils se sont installés au coin des rues Bank et Gloucester. Les cartons et les sacs de couchage qui jonchent le sol sont la preuve de leur passage de 24 heures qui a débuté jeudi, à 16 h.

L’activité, organisée par Opération rentrer au foyer, avait déjà permis d'amasser 23 000 $ avant même de commencer, une récolte record pour son 15e anniversaire.

« Le but premier, c’était la sensibilisation à la réalité des ados itinérants. Il y en a beaucoup, beaucoup plus qu’on pense », a mentionné Jonathan Desjardins, un bénévole de l’organisme qui appuie les jeunes sans-abris avec notamment des repas, des dons de vêtements et un appui à l’emploi et à l’éducation.

« C’est malheureux, ils ont le droit d’avoir la même chance que tout le monde. Nous, on veut leur offrir cette chance-là de sortir de la rue pour les aider à progresser dans leur vie d’adulte », a ajouté M. Desjardins, qui a passé la nuit dehors pour la première fois, en compagnie de 32 autres participants.

Ils devaient se nourrir uniquement grâce aux dons de nourriture des passants, pas question d’aller faire un tour un restaurant du coin lorsque la faim se faisait sentir.

« Je pense que j’ai dormi deux heures », a expliqué Jodi Davidson, qui a décidé de braver le froid pour passer la nuit à l’extérieur. Malgré les trois paires de bas qu’elle porte, ses pieds n’ont pas été en mesure de se réchauffer.

S’il était clair que les participants de l’Opération rentrer au foyer faisaient partie d’une campagne de financement, ils ont quand même pu se glisser un peu dans la peau d’un itinérant.

« On passe souvent à côté de personnes itinérantes ou des personnes qui quêtent et on ne sait pas trop comment réagir. On fait juste faire un sourire et on continue à marcher, mais là, c’est à nous de le faire. On essaie d’avoir des dons pour l’Opération rentrer au foyer et quand les personnes font juste sourire et marcher, tu te sens un peu plus ignorée », a indiqué Ioanna Reklitis, une étudiante en travail social de l’Université d’Ottawa.

Avec les informations de Josée Guérin

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